Emmanuel Macron pousse le chef d'état-major des armées Pierre de Villiers à la démission

Publié à 10h12, le 16 juillet 2017 , Modifié à 10h21, le 16 juillet 2017

Emmanuel Macron pousse le chef d'état-major des armées Pierre de Villiers à la démission
Emmanuel Macron et Pierre de Villiers © Etienne LAURENT / POOL / AFP
Image Sylvain Chazot


Ce 14 juillet 2017, le premier pour Emmanuel Macron chef de l'État, aura été marqué par une forte tension entre président de la République et le chef d’état-major des armées Pierre de Villiers. De fait, le premier a moyennement apprécié que le second s'émeuve des économies demandées à la Défense. Et il lui a fait savoir, mercredi, à la veille de la fête nationale, rappelant depuis le ministère des Armées que c'était bien lui chef et non le haut-gradé.

Ce dimanche 16 juillet, dans le JDD, Emmanuel Macron va plus loin et évoque le possible départ prochain de Pierre de Villiers. Le Président lance :

La République ne marche pas comme cela. Si quelque chose oppose le chef d'état-major des armées au président de la République, le chef d'état-major des armées change.

En résumé, si Pierre de Villiers n'est pas content, la porte est grande ouverte et libre à lui de remettre sa démission au chef de l'État.

Voilà qui a le mérite d'être clair. Mais Emmanuel Macron en rajoute tout de même une couche. Après avoir rappelé qu'il a reconduit Pierre de Villiers dans ses fonctions le 1er juillet et que ce dernier a donc "toute [sa] confiance", le Président précise que le chef d'état-major doit simplement bien "savoir quelle est la chaîne hiérarchique et comment elle fonctionne, dans la République comme dans l'armée".

Jeudi 14 juillet, le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner a lui-même ouvert la porte à une démission du chef d’état-major des armées. Sur Facebook, Pierre de Villiers a, le même jour, posté un message pour le moins étrange compte tenu des circonstances. Semblant répondre au "je suis votre chef" lancé la veille par Emmanuel Macron, Pierre de Villiers a écrit :



Méfiez-vous de la confiance aveugle. Parce que tout le monde a ses insuffisances, personne ne mérite d’être aveuglément suivi [...] Elle doit être nourrie jour après jour, pour faire naître l’obéissance active, là où l’adhésion l’emporte sur la contrainte.

Et le chef d'état-major des armées de conclure par une formule encore plus énigmatique : 

Une fois n'est pas coutume, je réserve le sujet de ma prochaine lettre.

Voilà qui est plutôt sympathique et témoigne de l'ambiance détestable au somment du commandement armé. Les deux hommes auront l'occasion de s'expliquer clairement : ils doivent se rencontrer en tête à tête, vendredi 21 juillet, à l'Élysée

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