Emmanuel Macron reconnaît que les messages de Mohammed Saou ont "une part de gravité", mais voit en lui "un type bien"

Publié à 14h24, le 14 avril 2017 , Modifié à 16h42, le 14 avril 2017

Emmanuel Macron reconnaît que les messages de Mohammed Saou ont "une part de gravité", mais voit en lui "un type bien"
Emmanuel Macron invité de Beur FM. © Montage Le Lab via captures d'écran Beur FM
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Camille Mordelet pour

Non, le micro n’était pas éteint. Et le Facebook Live est accessible à tous. Emmanuel Macron est l’invité de la radio Beur FM ce vendredi 14 avril. Il revient sur le cas de Mohammed Saou, l’ancien référent de son parti En Marche !, dans le Val d’Oise.

Voici ce qu'il dit en on :

Mohamed Saou est un citoyen plein et entier. C’est un responsable plein et entier. Je le respecte. J’admire le travail qu’il a fait. Mais en même temps, il a des responsabilités. Et les messages qu’il a mis sur Internet, ce sont des messages qui ont une part de gravité, qui ont touché des gens. Dire 'Je ne suis pas Charlie', c’est un message qui blesse aussi des gens et donc oui, il fera l’objet de la procédure comme tout militant. Il est mis en réserve, il n’est pas destitué de ses fonctions, il est référent mais ne participe pas à la campagne. Et le comité d’éthique, qui est compétent sur ce sujet, ce qui n’est pas moi, traitera de son cas.

La pause musicale arrive. Une discussion s’engage en off entre les présentateurs de la radio et Emmanuel Macron, diffusée sur le Facebook Live de l’émission. Le candidat à la présidentielle demande s’il a été clair concernant Mohamed Saou et poursuit :

- Présentateur 1 : On a déjà eu ce débat. Celui sur Charlie Hebdo.
 
- Présentateur 2 : De toute façon, ça n’engage que lui.
 
- Présentateur 1 : On a déjà eu ce débat. Les gens qui disent 'Je ne suis pas Charlie'. Au sens 'Je ne suis pas Charlie Hebdo, je ne suis pas obligé d’aimer'.
 
- Emmanuel Macron : Nan, mais il a fait un ou deux truc un peu plus radicaux. C’est ça qui est compliqué. Mais à côté de ça, c’est un type bien. C’est un type très bien, Mohamed. Et c’est pour ça que je ne l’ai pas viré.

La séquence est à retrouver ci-dessous :




Pour rappel, Mohamed Saou est un professeur d’histoire-géographie, qui a publié, au cours de ces dernières années, plusieurs post Facebook jugés polémiques. Comme "Je n’ai jamais été et je ne serai jamais Charlie" en septembre 2016. Il a aussi critiqué, en août 2016, la position du Premier ministre de l’époque, Manuel Valls, qui soutenait les maires ayant pris des arrêtés "anti-burkini". Il estimait qu’il était "libre de démissionner" s’il n’était pas d’accord avec les décisions du Conseil d’État. Enfin, en septembre 2015, il a partagé un post Facebook du directeur du CCIF, Marwan Muhammad.

Des posts mis en avant le 12 mars dernier par le site Jforum.fr, "le portail juif francophone" et repris sur de nombreuses plateformes. Le 5 avril, Cécile Pina, une ancienne élue socialiste du Val d’Oise, récupère ces posts et les dénonce sur son profil Facebook. La fachosphère s’en empare à son tour, la polémique enfle. On l’accuse d’entretenir des relations avec le CCIF (Collectif contre l’Islamophobie en France) et le Parti des indigènes de la République. Emmanuel Macron préfère éteindre le début de feu à deux semaines du premier tour de la présidentielle et l’écarte pour "raisons stratégiques", sans pour autant l’expulser du parti.

Le 6 avril dernier, l’ancien ministre de l’Économie est l’invité de l’Emission politique sur France 2. La professeure d’histoire-géographie fillonniste Barbara Lefebvre interroge Emmanuel Macron sur les propos de Mohamed Saou et lui demande de prendre position. Voici la réponse de l’intéressé :

 Il a fait un travail remarquable dans le cadre du mouvement. Il vient de se déporter de sa fonction à ma demande, justement, parce qu’il y avait cette polémique naissante.

Le candidat et son parti ont laissé son cas entre les mains de la commission d’éthique d’En Marche !.





[EDIT 16h40]

Plusieurs cadres FN et LR ont saisi cette confidence d'Emmanuel Macron pour dénoncer une "complaisance avec le communautarisme et l'islamisme" selon David Rachline ou "ses liens étroits avec le communautarisme" pour Éric Ciotti.







Marine Le Pen a quant à elle estimé qu'on ne pouvait pas "être adepte de l'islam radical et 'un type bien'".





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