Emmanuel Macron se dit "fait" pour diriger dans "les tempêtes" (et pas "par temps calme" comme Hollande)

Publié à 15h18, le 21 octobre 2017 , Modifié à 15h31, le 21 octobre 2017

Emmanuel Macron se dit "fait" pour diriger dans "les tempêtes" (et pas "par temps calme" comme Hollande)
"Tiens bon la barre et tiens bon le vent, hissez haut !" © Fred TANNEAU / POOL / AFP
Image Etienne Baldit


MACRON ON THE STORM - De toutes les formules assassines pour François Hollande, il en est une que l'on doit à Jean-Luc Mélenchon et qui aura collé à la peau du Président socialiste tout au long de son mandat. En 2011, durant la campagne présidentielle, le candidat du Front de gauche d'alors flinguait son adversaire en le qualifiant de "capitaine de pédalo" inadapté à "la saison des tempêtes" qui s'annonçait. Et presque six ans plus tard, ce sont quelques uns de ces mots qu'Emmanuel Macron reprend pour lui-même mais en en inversant le sens, toujours désireux qu'il est de se démarquer constamment de celui qu'il ne désigne que comme "son prédécesseur".

Vendredi 20 octobre, The Guardian publie un long papier signé par l'écrivain français Emmanuel Carrère (lien en anglais). L'auteur a suivi le chef de l'État une semaine durant en septembre, de son déplacement sur l'île de Saint-Martin dévastée par l'ouragan Irma à son voyage officiel en Grèce et son discours prononcé à la nuit tombante sur la colline de la Pnyx, avec l'Acropole pour décor. Dithyrambique et "aux trois-quarts sous le charme" d'Emmanuel Macron, le romancier cite quelques confidences du président de la République. Et notamment celle-ci :

Je crois que notre pays est au bord d'une falaise, je pense même qu'il risque de tomber. Si nous n'étions pas à un moment aussi tragique de notre histoire, je n'aurais jamais été élu. Je ne suis pas fait pour diriger par temps calme. Mon prédécesseur l'était, mais moi je suis fait pour les tempêtes.

Le taquet à François Hollande est donc des plus volontaires et vient s'ajouter à la liste de ceux qu'il lui a récemment administrés, y compris en direct en prime time sur TF1. Ce qui a évidemment suscité l'ire de l'ex-chef de l'État et de ses proches.

Et on ne peut s'empêcher de déceler une énième attaque, voilée cette fois, d'Emmanuel Macron contre *son prédécesseur* dans cet autre propos relayé par Emmanuel Carrère :

Mon défaut ? Peut-être que je suis claustrophobe... Pas dans le sens physique : je n'ai aucune phobie connue, mais je suis claustrophobe de la vie. Je ne supporte pas d'être enfermé, il faut que je sorte, c'est pourquoi je ne peux pas avoir une vie normale. Au fond, mon défaut est sans aucun doute que je n'aime pas la vie normale.

Coucou le "président normal"... Et pour en revenir au capitaine Macron, voilà le cap pour le moins ambitieux qu'il se fixe pour les cinq ans à venir : 

Si je ne transforme pas radicalement la France, ce sera pire que si je n'avais rien fait du tout.


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