Emmanuel Macron veut mettre fin aux 35 heures (mais seulement pour les jeunes)

Publié à 18h52, le 09 novembre 2016 , Modifié à 18h52, le 09 novembre 2016

Emmanuel Macron veut mettre fin aux 35 heures (mais seulement pour les jeunes)
© AFP

L’ancien ministre de l’Économie a quitté le gouvernement le 30 août pour se consacrer à son mouvement politique "En marche !". Si l’*immense* suspense demeure toujours quant à une candidature, l’heure des propositions est enfin venue. Dans L’Obs en kiosques le 10 novembre, le bébé politique de François Hollande dévoile une série de mesures sur l’école, le social, les jeunes ou encore le chômage.

Et maintenant qu’il n’est plus au gouvernement, Emmanuel Macron peut s’exprimer librement. C’est ce qu’il choisit de faire à propos de l’un de ses sujets de prédilection et qui lui avait valu plusieurs recadrages lorsqu’il était encore au gouvernement : les 35 heures. L’idée est plus complexe que d’y mettre fin : il s’agit d’adapter la durée du travail en fonction de l’âge (mais pas du tout en fonction de la pénibilité). Autrement dit : faire bosser les jeunes car "35 heures, ce n’est pas assez" :

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Il faut s’adapter aux individus. On peut ainsi imaginer que les branches professionnelles négocient une possibilité pour les salariés qui le souhaiteraient de travailler moins à partir de 50 ou 55 ans : 30 heures, 32 heures, pourquoi pas ? En revanche, quand on est jeune, 35 heures, ce n’est pas long. Il faut donc plus de souplesse, plus de flexibilité. [...]



Quand on est jeune, 35 heures, ce n’est pas assez. On veut travailler plus, on veut apprendre son job. Et puis, il y a un principe de réalité. Un entrepreneur raisonne ainsi : ce jeune n’est pas qualifié, je veux bien l’embaucher mais il va apprendre son job en entrant dans mon entreprise, donc il faut qu’il effectue davantage d’heures.

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Emmanuel Macron ne précise pas si, pour reprendre le slogan de Nicolas Sarkozy en 2007, les jeunes gagneraient plus en travaillant plus.

Marisol Touraine pourrait aussi le rappeler à l’ordre, comme elle l’avait fait en 2014 pour s’opposer à la position de son iconoclaste collègue. La ministre de la Santé lui avait rétorqué que, "pour beaucoup de Français, l’objectif ce serait de pouvoir travailler 35 heures. Souvent, on ne leur propose même pas de contrat à 35 heures, on leur propose des contrats à 20 heures, 24 heures."

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