En Israël, le président des jeunes du Likoud rencontre Nicolas Bay mais ignore qu'il est au FN

Publié à 16h47, le 26 janvier 2017 , Modifié à 17h26, le 26 janvier 2017

En Israël, le président des jeunes du Likoud rencontre Nicolas Bay mais ignore qu'il est au FN
Nicolas Bay et David Shayan © DR
Image Sylvain Chazot


C'est un "voyage privé". En ce moment, au Front national, on adore ça, les "voyages privés". Après Marine Le Pen et Louis Aliot partant à New York pour "souffler" un peu deux semaines après Noël – et accessoirement prendre un café dans la Trump Tower – c'est au tour de Nicolas Bay de partir à l'aventure. Destination Israël, cette fois, pour le secrétaire général du FN.

Commet n'importe qui partant à l'étranger pour son propre plaisir, l'élu frontiste a diffusé sur les réseaux sociaux plusieurs photos de son séjour. On le voit donc visiter Nazareth oui encore poser avec des membres du Likoud, le parti du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.







Et puis, comme tout le monde partant en vacances, Nicolas Bay a répondu à plusieurs médias locaux, dont i24News et Haaretz.





Dans un article publié par ce Haaretz, justement, on apprend que Nicolas Bay a notamment rencontré mercredi 25 janvier David Shayan, président des jeunes du Likoud.

L'homme est aussi présenté comme un ancien collaborateur de Gilad Erdan, ministre de la Sécurité intérieure. Cité par le quotidien, David Shayan explique n'avoir compris qui était Nicolas Bay qu'au moment de leur rencontre. Il dit :

C'est seulement pendant la réunion, qui n'était pas officielle, j'ai appris que [Nicolas] Bay est du parti de Marine Le Pen. De toute façon, je ne boycotte jamais personne.

Une déclaration qui n'est sans doute pas totalement franche et que l'on n'est pas obligé de croire sur parole. 

De fait, le FN et sa présidente sont persona non grata en Israël. Et cela reste un problème pour Marine Le Pen, la présidente frontiste entendant présenter son parti comme un rempart pour les Français juifs face au "fondamentalisme islamiste".  

En avril 2016, le FN lançait un collectif informel destiné spécifiquement aux électeurs juifs. "On a pour objectif de tordre le cou à cette idée selon laquelle le FN ne défendrait pas la communauté juive", expliquait à l'époque Michel Thooris au Lab, ancien conseiller police de Marine Le Pen, membre du comité central du FN et qui devait prendre la tête de ce comité. "Aujourd'hui, il y a une mainmise du CRIF [Conseil représentatif des institutions juives de France, NDLR] et beaucoup de Français juifs recherchent des solutions politiques alternatives. Car le CRIF ne représente que lui-même et ne défend pas les intérêts de la communauté juive", ajoutait Michel Thooris, qui est accessoirement proche de l'extrême droite israélienne.

Concernant le conflit israélo-palestinien, le FN est officiellement favorable à la création d'un État palestinien. En 2014, Marine Le Pen a ainsi considéré que "la responsabilité de ce conflit est partagée entre Israël et le Hamas", rappelle ce jeudi Libération

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