En pleine commémoration de la rafle du Vel' d'Hiv, Emmanuel Macron dénonce "les dénégations du meurtrier" de Sarah Halimi

Publié à 13h10, le 16 juillet 2017 , Modifié à 13h14, le 16 juillet 2017

En pleine commémoration de la rafle du Vel' d'Hiv, Emmanuel Macron dénonce "les dénégations du meurtrier" de Sarah Halimi
Emmanuel Macron © PATRICK KOVARIK / POOL / AFP
Image Sylvain Chazot


Emmanuel Manuel commémore ce dimanche 16 juillet aux côtés de Benjamin Netanyahou le 75 e anniversaire de la rafle du Vel' d'Hiv. À cette occasion, le président de la République réaffirme que "c'est bien la France qui a organisé la rafle puis la déportation et donc, pour presque tous, la mort des 13.152 personnes de confession juive arrachée les 16 et 17 juillet 1942 à leur domicile". Des mots que le chef de l'État français veut placer dans l'exacte lignée de celle initiée par Jacques Chirac puis poursuivie par Nicolas Sarkozy et François Hollande.

Soulignant l'importance du devoir de mémoire, Emmanuel Macron dénonce toutes les formes d'antisémitisme, durant la Seconde guerre mondiale mais évidemment avant et évidemment après. Le chef de l'État estime même que l'antisionisme "est la forme réinventée de l'antisémitisme".

"Il nous faut regarder la réalité en face. En France, aujourd'hui, cette corruption des esprits, cet affaiblissement moral et intellectuel que sont le racisme et l'antisémitisme, sont encore présents et bien présents. Ils prennent des formes nouvelles, changent de visage, choisissent des mots plus sournois. Il suffit pourtant de s'y arrêter un instant pour percer à jour, derrière les nouvelles apparences, le vieux racisme, l'antisémitisme le plus recuit", dit-il avant d'énumérer les victimes juives de l'antisémitisme actuel :

Ilan Halimi, Jonathan Sandler et ses deux fils, Arieh et Gabriel, Myriam Monsonego, Yohan Cohen, Philippe Braham, François-Michel Saada, Yoav Hattab l'ont payé de leur vie. Brahim Bouarram aussi. Le père Hamel aussi. Et malgré les dénégations du meurtrier, la justice doit faire désormais toute la clarté sur la mort de Sarah Halimi.

Notons que le Président, garant de l'indépendance de l'autorité judiciaire, prend soin de dénoncer ce qui s'apparente selon lui à des "dénégations du meurtrier".

Sarah Halimi est une femme juive tuée en avril dernier à Paris après avoir été torturée et défenestrée par son meurtrier présumé. Ce dernier avait crié "Allahou akbar" et cité, entre des insultes, des versets du Coran. Il a été mis en examen pour homicide volontaire. Le caractère antisémite n'a pas été retenu comme circonstance aggravante. Une expertise psychiatrique a été ordonnée pour déterminer si l'accusé est pénalement responsable.

Dans une tribune publiée en juin dernier dans Le Figaro, Alain Finkielkraut, Michel Onfray, Jacques Julliard, Élisabeth Badinter et d'autres personnalités dénonçaient le peu d'attention médiatique accordée à ce meurtre. Les auteurs demandaient à ce que toute la lumière soit faite sur le meurtre. 

Du rab sur le Lab

PlusPlus