Ne nous dictez pas ce que l'on doit enseigner. C'est le message envoyé par les écoles de journalisme aux parlementaires après l'adoption le 24 janvier, dans le projet de loi sur l'égalité entre les femmes et les hommes, d'un article imposant à ces écoles un enseignement de l'égalité entre les sexes et la lutte contre contre les stéréotypes sexistes.

La conférence des écoles de journalisme, qui comprend les 14 formations inscrites à la convention collective nationale des journalistes, a diffusé un communiqué ce 27 janvier pour dénoncer cette disposition et demander aux parlementaires de la supprimer :

Aujourd'hui, c'est l'égalité homme femme ; demain, quelles seront les autres "matières" dont l'enseignement deviendra obligatoire aux yeux des députés?Par ailleurs, la Conférence (...) s'étonne du ciblage dont ses formations font l'objet. En effet, aucune autre formation qui pourrait être concernée par ces questions (école de commerce, diplômes de ressources humaines, formations audiovisuelles etc.) ne fait l'objet d'une telle injonction.

L'article visé est l'article 16 bis, ajouté par les députés de la majorité après le passage en commission. Il est formulé ainsi :

Les formations à la profession de journaliste dispensées par les établissements d’enseignement supérieur comprennent un enseignement sur l’égalité entre les femmes et les hommes et la lutte contre les stéréotypes, les préjugés sexistes, les images dégradantes, les violences faites aux femmes et les violences commises au sein des couples.

Il a été très brièvement discuté à l'Assemblée nationale le 24 janvier et défendu en ces mots par Najat Vallaud-Belkacem, selon le compte-rendu de la séance :

Que les choses soient claires sur ce projet de loi : nous veillons à ce que l’image des femmes dans les médias puisse être respectueuse, afin que les atteintes à la dignité des femmes ne soient plus monnaie courante, que ce soit à la télévision ou à la radio.Nous voulons lutter contre les stéréotypes abusifs qui, de fait, créent les inégalités entre les hommes et les femmes dans ce pays, parce qu’ils sont confortés, reproduits, en permanence. Tel est l’objet de ces dispositions.

Une seule députée, la frontiste Marion Maréchal-Le Pen a amendé cet article 16 bis, s'étonnant que l'on délivre "un enseignement spécifique aux violences conjugales dans les écoles de journalisme". Son amendement, rejeté, proposait d'enseigner également la lutte contre "les stéréotypes liés à des familles politiques". Et le Lab vous en parlait plus longuement ici.

S'il a été très peu discuté, cet article ne fait manifestement pas l'unanimité chez les socialistes puisque le député PS Christophe Caresche a immédiatement réagit en ces termes :