Et Emmanuel Macron inventa les ministres "adjoints" de ministres

Publié à 21h34, le 21 juin 2017 , Modifié à 09h57, le 11 juillet 2017

Et Emmanuel Macron inventa les ministres "adjoints" de ministres
Emmanuel Macron © Martin BUREAU / POOL / AFP
Image Etienne Baldit


C'est l'une des nouveautés du gouvernement Philippe II, annoncé mercredi 21 juin : certains ministres ou secrétaires d'État n'ont... aucune attribution précise. Ils sont nommés "auprès" d'un autre ministre, selon la formule consacrée. Mais verront-ils leur périmètre d'action clairement défini à l'avenir ? Eh bien non, car ils sont destinés à être des ministres "adjoints".

C'est l'Élysée, cité par l'AFP ce mercredi, qui apporte l'explication à cette absence d'attributions :

Ils ont vocation à être les adjoints des ministres auprès desquels ils sont nommés.

Traduction : des numéros 2, des *vice-ministres* ou des *sous-ministres*, selon que vous soyez sympa ou non. Un fonctionnement qui n'est, par ailleurs, pas sans rappeler celui du monde de l'entreprise, avec ses "directeurs" et autres "directeurs-adjoints". De mémoire de Lab, c'est en tout cas (presque) du jamais vu : jusqu'ici, tous les membres du gouvernement avaient un champ d'action bien délimité et étaient censés se consacrer à cette tâche. Seule exception connue : Marie-Anne Montchamp, "secrétaire d'État auprès de la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale" (cruellement surnommée "secrétaire d'État à rien") pour les deux dernières années du quinquennat Sarkozy.

Notons que l'absence d'attribution officielle n'empêche pas les ministres et leurs "adjoints" de se répartir officieusement les différentes compétences incluses dans leurs portefeuilles.

Et cette nouveauté touche des postes de premier plan, comme celui de Jacqueline Gourault, nommée ce mercredi "ministre auprès du ministre d’État, ministre de l’Intérieur" (Gérard Collomb). C'est aussi le cas de Nathalie Loiseau, "ministre auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargée des Affaires européennes" (Jean-Yves Le Drian), de Sébastien Lecornu et Brune Poirson, "secrétaires d’État auprès" de Nicolas Hulot, de Jean-Baptiste Lemoyne, "secrétaire d’État auprès" de Jean-Yves Le Drian (qui a donc droit à plus d'un adjoint), de Geneviève Darrieussecq, "secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées" (Florence Parly), de Julien Denormandie, "secrétaire d’État auprès du ministre de la Cohésion des territoires" (Jacques Mézard) ou encore de Benjamin Giveaux, "secrétaire d’État auprès du ministre de l’Economie et des Finances" (Bruno Le Maire).

Et nous avons pu avoir une première illustration de ce nouveau fonctionnement pas plus tard que mercredi soir, lors de la passation de pouvoirs au ministère de la Cohésion des Territoires entre le sortant Richard Ferrand (à gauche), le nouveau titulaire du poste Jacques Mézard (venu du ministère de l'Agriculture, au centre) et son "adjoint" Julien Denormandie (à droite). Avec cette indication : seuls les deux premiers ont pris la parole.



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