Et là, Gérard Larcher fact-checke une chronique de Nicole Ferroni sur le Sénat

Publié à 15h14, le 25 mai 2017 , Modifié à 15h14, le 25 mai 2017

Et là, Gérard Larcher fact-checke une chronique de Nicole Ferroni sur le Sénat
© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Image Amandine Réaux


Comme chaque mercredi, la matinale de Patrick Cohen se termine avec, à 9 heures moins 4, la chronique de Nicole Ferroni. L’humoriste la déclame traditionnellement devant l’invité politique, encore en studio après son interview. Mercredi 24 mai, Gérard Larcher est l’invité de France Inter. Exceptionnellement à Cannes, Nicole Ferroni regrette de ne pas pouvoir interpeller le président LR du Sénat : "J’aurais pris monsieur Larcher au dépourvu, entre quatre yeux selon que vous êtes ou non pourvus d’yeux à mettre en face des trous, et ainsi nous aurions discuté de la vision du Sénat et débattu de ses activités récentes."

Sa chronique, un poil trollesque, est consacrée à un rapport publié la veille et intitulé "Démocratie représentative participative : comment décider avec efficacité et légitimité en France en 2017 ?" Et comme tout ce qui peut être considéré comme de l’antiparlementarisme plaît rarement aux parlementaires, Gérard Larcher publie le soir même une vidéo de fact-checking en répondant point par point aux affirmations de Nicole Ferroni.





Nicole Ferroni : "Alors certains me diront 'ah bon, le Sénat a des activités récentes ?' D’autres me diront 'ah bon, le Sénat a des activités' ? Quand la majorité me diront 'ah bon, le Sé-quoi a quoi ?'"

À ce troll, la vidéo répond très sérieusement. Oui, les sénateurs travaillent. Gérard Larcher est même capable de vous donner le nombre très précis d’heures consacrées à chaque activité :

Le Sénat, c’est : 381 heures de travail en séance publique ; 578 heures de travail en commissions et missions communes ; 139 heures de travail dans les délégations et office.

La vidéo réfute ensuite l’affirmation de Nicole Ferroni selon laquelle les sénateurs sont "consultés régulièrement sur les lois sans avoir à les adopter définitivement", chiffres à l’appui :



88,6% des lois sont donc adoptées au terme de la navette entre l’Assemblée nationale et le Sénat. 

Plus précisément sur le rapport, dont l’"espace participatif est désormais clos", Gérard Larcher rappelle qu’il a été "ouvert du 2 février au 31 mars 2017" et qu’il "a reçu une centaine de contributions très qualitatives qui ont nourri (en amont !) le rapport sénatorial rendu le 23 mai 2017".

Le président du Sénat répond ensuite très sérieusement, pour la deuxième fois, au trolling de Nicole Ferroni sur le faible nombre de vues (338 en trois mois et demi) de la vidéo d’appel à contribution pour le rapport. Il précise que la vidéo a également fait "4145 vues sur Facebook, 1961 vues sur Twitter et 39.671 impressions au total". Sans compter "27.336" vues sur… (roulement de tambours) un "gif animé".

Enfin, Nicole Ferroni pointe l’absentéisme aux questions d’actualité au gouvernement (QAG), qui concerne "un quart de sénateurs assez buissonniers". Ce à quoi Gérard Larcher répond : 



Certes, 77,5% des sénateurs assistent aux questions d’actualité au gouvernement, mais 83,1% des sénateurs sont présents lors des explications de votes sur les textes examinés en séance publique et à l’occasion des votes solennels ; 87,8% sont présents en commission. 

"Un dispositif de retenues financières sanctionne les sénateurs insuffisamment présents", ajoute-t-il.

Gérard Larcher ponctue son tweet d’un emoji lunettes de soleil. Visiblement pas peu fier de son fact-checking. Et un peu trollesque finalement, lui aussi.

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