Exception culturelle : quand Barack Obama menace François Hollande de "représailles"

Publié à 12h06, le 22 juin 2013 , Modifié à 17h01, le 22 juin 2013

Exception culturelle : quand Barack Obama menace François Hollande de "représailles"
(Reuters)
Image Delphine Legouté

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PAS CONTENT - Si la France est parvenue à un compromis pour préserver son "exception culturelle" dans le secteur de l'audiovisuel, en vue de l'accord commercial entre les Etats-Unis et l'Union européenne, ce n'est pas sans avoir irrité outre-atlantique. Et Barack Obama ne fait pas exception.

Ce 22 juin, Le Figaro rapporte dans ses confidentiels les "menaces" du président américain à l'encontre de François Hollande. La scène se déroule le 14 juin, lors d'une visioconférence préparatoire au G8 incluant les deux chefs d'Etat mais aussi Angela Merkel, David Cameron et Enrico Letta,  quelques heures avant que la France ne défende son exception culturelle devant les vingt-sept pays membres de l'UE.

Dans cette visioconférence, on savait que Barack Obama avait estimé que l'exclusion de l'audiovisuel des négociations "ne serait pas bonne".

A en croire le quotidien, il est allé bien plus loin en mettant en garde François Hollande. Pour lui, il est hors de question que ce principe d'exception culturelle, qui permet par exemple à la France de maintenir des quotas de diffusion d'oeuvres européennes à la radio et à la télévision, soit étendu aux nouvelles technologies, comme internet. Paris comptait pourtant bien se protéger aussi dans ce domaine.

Le Figaro raconte :

Obama a menacé le président français de "représailles massives" si "l’exception culturelle"était étendue aux nouvelles technologies.Selon un participant à la vidéoconférence, le président américain a affirmé qu’il "ne plaisantait pas" et précisé qu’une liste de contre-mesures pouvait être transmise à Paris pour que François Hollande "se rende bien compte de ce que cela veut dire".

Le compromis trouvé avec les 27 états membres de l'UE prévoit que le secteur de l'audiovisuel pourra être ajouté "plus tard" dans le mandat des négocations commerciales avec les Etats-Unis. La Commission, qui craint que les Américains décident de retirer eux-aussi certains domaines des discussions, se réserve la possibilité de réviser les termes du mandat.

Aurélie Filippetti s'était félicitée sur Twitter de ce compromis. Une "victoire de la France" selon elle.

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