"Expliquer, c’est excuser" : le mea culpa de Manuel Valls

Publié à 07h41, le 27 juin 2017 , Modifié à 07h41, le 27 juin 2017

"Expliquer, c’est excuser" : le mea culpa de Manuel Valls
Manuel Valls. © Montage le Lab via AFP.

#MEACULPA - Nous sommes en novembre 2015, dans la foulée des attentats du 13 novembre. Manuel Valls est Premier ministre de François Hollande. La France est "en guerre", martèle-t-il avant de répéter, à l’Assemblée nationale puis au Sénat, qu’il en a marre de "ceux qui recherchent des excuses sociologiques ou culturelles" aux attentats de Paris. En gros, pour lui, "expliquer, c’est excuser". 

Un peu moins de deux ans plus tard, celui qui a été élu de justesse député d’Evry, devenu persona non grata à La République en marche comme au PS, fait un peu machine arrière et livre un petit mea culpa sur cette sortie. Interrogé dans Libération du 27 juin par la romancière Christine Angot, Manuel Valls fustige d’abord la violence en politique et en général, assène que "Mélenchon est dangereux" et poursuit :

"

C’est toujours le même débat. La question de la violence en politique. Mélenchon est dangereux. L’idée du statut de la victime qui l’emporterait sur la violence. Bien sûr j’ai eu tort de dire qu’il ne fallait pas chercher la cause, il faut la chercher. Mais avant, il faut condamner. Il n’y a aucune cause qui puisse faire accepter la violence dans la démocratie. Les modérés la refuseront toujours. C’est ce qui fait la spécificité du Parti socialiste, opposé aux léninistes. Mais il y a toujours cette idée du romantisme. Je ne suis pas romantique.

"

Quand il avait refusé de chercher les raisons profondes du terrorisme, Manuel Valls s’était opposé à l’époque à son ministre de l’Economie qui le concurrençait sur le créneau de la modernité de la gauche sociale-libérale, un certain Emmanuel Macron. Car celui qui allait devenir en 2017 chef de l’Etat avait estimé que la France devait assumer une "part de responsabilité" dans le "terreau" sur lequel le djihadisme a pu prospérer.

Même les proches de Manuel Valls, comme Jean-Marie Le Guen, avait eu un mal fou à justifier la phrase du Premier ministre d’alors.

Du rab sur le Lab

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