"Fake news" : Jean-Luc Mélenchon en profite pour taper sur France 2 et son reportage sur un café de Sevran "interdit aux femmes"

Publié à 11h49, le 08 janvier 2018 , Modifié à 11h49, le 08 janvier 2018

"Fake news" : Jean-Luc Mélenchon en profite pour taper sur France 2 et son reportage sur un café de Sevran "interdit aux femmes"
© Capture d'écran France 2
Image Sylvain Chazot


Où l'on reparle des fake news et de leur diffusion. Mercredi 3 janvier, lors de ses vœux à la presse, Emmanuel Macron a prévenu : lui Président, il voudra lutter contre les fausses informations.

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"Nous allons faire évoluer notre dispositif juridique pour protéger la vie démocratique de ces fausses nouvelles", a déclaré le chef de l'État. Et très vite, plusieurs élus – mais que pas que - sont montés au créneau pour alerter sur les possibles dérives d'un tel contrôle, sans oublier le fait que la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse prévoit déjà le délit de fausse nouvelle et le délit de diffamation…

Ce lundi 8 janvier, c'est au tour de Jean-Luc Mélenchon de contribuer au flot des critiques. Dans un long billet de blog, le leader de La France insoumise dénonce un risque évident de "législation liberticide". Et le député des Bouches-du-Rhône de s'étonner : tiens, le président Macron ne parle que d'internet, comme si les fake news se cantonnaient au seul champ numérique ou qu'il suffisait d'avoir un compte Twitter pour faire du journalisme. "Les médias qui diffusent de l’information en ligne se retrouvent seuls pointés du doigt comme les seuls propagateurs de 'fausses nouvelles'", écrit Jean-Luc Mélenchon avant de s'en prendre à sa cible favorite en matière de média : France Télévisions. Il poursuit :

Pourtant, des médias traditionnels sont tout aussi capables de 'fake news' que les autres. Par exemple, le 7 décembre 2016, le journal de 20h de France 2 diffusait un reportage sur un café à Sevran prétendument 'interdit aux femmes'. Avec cette fausse information 'France 2' avait déclenché sans objet un débat général au fort relent de racisme. La chaîne avait fait le même coup avec la viande halal en 2012, tuant d’autres débats bien plus importants, en pleine présidentielle. L’information était en fait fausse, comme l’a démontré par la suite un média en ligne.

Samedi, la journaliste Nathalie Saint-Cricq, avec laquelle Jean-Luc Mélenchon s'était longuement écharpé pendant et après son Émission politique, fin novembre, avait défendu ce reportage lors de la conférence #ToujoursCharlie : 





On précisera que le "média en ligne" évoqué par Jean-Luc Mélenchon est le Bondy Blog. Trois mois après le reportage diffusé par France 2, le site avait effectué une contre-enquête qui démontait la version du 20h. France 2 maintient sa version. 

De son côté, Jean-Luc Mélenchon ajoute :

En fait plusieurs médias avaient mené une campagne dont le but évident était de faire progresser le Front national en vue d’une prise en otage de l’opinion publique du type de celle que nous avons connu avec le 'choix' Le Pen-Macron.

Pour autant, Jean-Luc Mélenchon approuve – évidemment – quand Emmanuel Macron "parle de ceux qui ne visent qu’à salir à n’importe quel prix dans le but de faire marcher la pompe à clic qui est surtout une pompe à fric".

Mais, selon lui, "cibler les médias en ligne n’a donc pas grand sens s’il s’agit de lutter contre la 'désinformation'". "Cela comporte par contre un très grand risque. Internet constitue un espace de diversité et de pluralité face à un champ médiatique particulièrement concentré", ajoute l'élu LFI, toujours favorable à l'instauration d'un conseil déontologique

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