Financement libyen : Nicolas Sarkozy dit son "mépris" pour "l’officine" Mediapart après des déclarations de Takieddine

Publié à 21h40, le 16 novembre 2016 , Modifié à 09h35, le 17 novembre 2016

Financement libyen : Nicolas Sarkozy dit son "mépris" pour "l’officine" Mediapart après des déclarations de Takieddine
© AFP

À quatre jours du premier tour de la primaire de la droite, Mediapart a publié de nouvelles déclarations de Ziad Takieddine sur un financement libyen de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy. Invité à réagir pour la première fois dans Le Figaro daté du jeudi 17 novembre, l’ancien chef de l’État s’est montré scandalisé, remettant en cause la crédibilité du site d’information qu’il qualifie d’"officine" :

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Je n'ai que mépris pour cette officine qui depuis des années essaye sans succès de me salir, du procès Bettencourt à l'affaire Kadhafi pendant la campagne présidentielle de 2012. A chaque fois, ce sont des informations sans fondement qui sont démenties par les faits. Monsieur Takieddine a dit à la justice ne pas m'avoir rencontré depuis 2003, et maintenant il invente une nouvelle version. C'est une manœuvre nauséabonde pour interférer dans la primaire de la droite et du centre.

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L’ancien chef de l’État prévient :

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J'opposerai donc le mépris à ces injures et à cette grossière manipulation. La justice en sera saisie.

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Dans un entretien filmé diffusé mardi par Mediapart, Ziad Takieddine a affirmé avoir remis à l'ancien président et à son camp cinq millions d'euros en espèces, "dans des valises", provenant du régime Kadhafi. L'homme d'affaires franco-libanais avait déjà accusé Nicolas Sarkozy d'avoir perçu des fonds libyens lors de la campagne présidentielle de 2007.

L’un de ses concurrents à la primaire, Jean-François Copé, qui croit à mort au financement libyen de la campagne de 2007, a pour sa part jugé les déclarations de Ziad Takieddine "évidemment extrêmement graves, extrêmement importantes, [...] d’une importance capitale".

À la veille du dernier débat entre candidats et à quatre jours du premier tour, ces nouvelles révélations sont venues s'ajouter à d'autres ces derniers temps, déjà signées Mediapart et Le Monde, notamment la révélation de l'existence du carnet de Choukri Ghanem, ancien Premier ministre et ministre du pétrole de Kadhafi. Ce haut dignitaire du régime y consignait, dès 2007, des "versements" d'argent au clan Sarkozy pour sa campagne, pour un montant de 6,5 millions d'euros.



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[Edit 17/11]

Le fondateur du site d'informations a répondu à Nicolas Sarkozy, sur Facebook mercredi soir. "Votre 'mépris' ne vise pas Mediapart mais un droit fondamental : la liberté d'être informé et de savoir ce que les pouvoirs, politiques ou économiques, cachent pour des raisons illégitimes", écrit ainsi Edwy Plenel. Qui défouraille :

 

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Votre réaction est indigne d'un ex-président de la République, fonction dont la définition est d'être gardien de notre Constitution et, donc, de nos droits fondamentaux. La réponse qui me vient spontanément est celle d'un autre ancien président de la République, François Mitterrand : 'La calomnie dévoile un terrible désarroi chez ceux qui s'y adonnent. Quand ils en arrivent là, c'est qu'ils sont perdus, qu'ils le savent et qu'ils perdent la tête. Il ne leur reste plus que l'injure. Plus tard, dès qu'on aura le temps, on prendra pitié d'eux.'

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