"Flirt", "pédophilie" : la réponse très alambiquée de Gérard Collomb sur le harcèlement sexuel

Publié à 10h03, le 19 octobre 2017 , Modifié à 10h32, le 19 octobre 2017

"Flirt", "pédophilie" : la réponse très alambiquée de Gérard Collomb sur le harcèlement sexuel
Gérard Collomb. © PHILIPPE DESMAZES / AFP

Depuis l’affaire Weinstein, les langues se délient. Des victimes, en grande majorité des femmes, prennent la parole pour dénoncer des cas de harcèlement et/ou agression sexuels sur leur lieu de travail et dans leur vie quotidienne. Mais il reste difficile de prendre la parole en raison de rapports de pouvoir. C’est pourquoi la parole de potentiels témoins est convoquée. "Est-ce qu’il faut dénoncer les harceleurs ?", se voit demander Gérard Collomb sur franceinfo, ce jeudi 19 octobre.

On s’attend à ce que le ministre de l’Intérieur soit absolument clair sur le sujet, avec en tête la polémique autour de son collègue Bruno Le Maire. Mais sa réponse est alambiquée :

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Oui, ça dépend… enfin, je veux dire qu’entre le fait de pouvoir flirter et le fait de pouvoir harceler, il me semble y avoir des différences. Quand on voyait le producteur de cinéma [Harvey Weinstein], ce n’était pas du flirt, c’était de l’imposition donc là oui il y a une barrière à pouvoir mettre et qui doit être mise de manière extrêmement ferme. Je vous signale que la même question s’est posée vis-à-vis des pédophiles : est-ce qu’il faut dénoncer les pédophiles ? Bah à un moment donné, oui. On voit que partout, il faut dénoncer les pédophiles.

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Gérard Collomb minimise ensuite le phénomène de harcèlement et agressions sexuels en politique, assurant qu’il ne "savait pas" pour l’affaire DSK : "Peut-être que j’étais le dernier de Paris." Il poursuit, dans les traces de Bruno Retailleau :

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Ça fait 40 ans que je fais de la politique, je vois pas tout le monde courir après tout le monde, hein.

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Interrogé sur l’attitude qu’il adopterait s’il connaissait de tels cas autour de lui, le locataire de la place Beauvau répond de deux hésitantes monosyllabes :

 

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- Jean-Michel Aphatie : Et donc, si vous en connaissiez, vous les dénonceriez ?



- Gérard Collomb : Oui.



- Jean-Michel Aphatie : Vous n’auriez pas de difficulté à le faire ?



- Gérard Collomb : Oui.

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