Florange : quand une ministre dit ouvertement qu'elle ne fait pas confiance à Mittal

Florange :  quand une ministre dit ouvertement qu'elle ne fait pas confiance à Mittal
Nicole Bricq, le 30 novembre 2012, à Paris. (MaxPPP)

CONFIANCE - La ministre du Commerce extérieur a ouvertement répété trois fois ce dimanche 2 décembre sur TV5 Monde et RFI qu'elle ne faisait pas confiance à Lakshmi Mittal pour honorer la promesse faite à Jean-Marc Ayrault. Nicole Bricq estime également que cette situation "nous interroge sur la stratégie industrielle".

Le premier ministre a annoncé vendredi 30 novembre un compromis avec le géant de l'acier pour sauver le site de Florange, écartant une nationalisation et précisant que l'Etat veillerait à ce qu'ils soient "respectés scrupuleusement".

"Le groupe Arcelor Mittal s'est engagé à investir 180 millions d'euros [sur 5 ans]. Faites vous confiance à Arcelor Mittal ?" demande l'un des journalistes de l'émission Internationales, diffusée sur TV5 Monde et RFI, à Nicole Bricq.

Réponse de la ministre, habituellement très discrète :

Non. Non. Mais en revanche je fais confiance au choix du gouvernement et à mon premier ministre qui est courageux, solide et rationnel.[...]L'emploi est protégé, l'outil de travail est préservé maisça nous interroge sur la stratégie industrielle.

L'éphémère ministre de l'Écologie livre alors un petit cours d'histoire économique pour vanter les vertus des nationalisations sous Mitterrand et laisser entendre que la future Banque Publique d'Investissement pourrait être amené à jouer un rôle...

Pourquoi on nationalise ? Je voudrais quand même vous rappeler ce qu'il s'est passé en 1982, quand on a nationalisé parce qu'on avait une stratégie industrielle. Tous ces grands groupes on les a sauvé. On a sauvé l'industrie française [...] et la nationalisation a été le moyen parce qu'il n'y avait pas de banque publique d'investissement à l'époque [...] Là on va la créer.

Plus tôt dans la journée, Delphine Batho, ministre de l'Écologie assurait elle aussi sur les ondes d'Europe 1 :"Il y a un accord, il n'y a pas de confiance, il y a des engagements inconditionnels qui doivent être tenus" tout en notant que "jamais Mittal n'a tenu ses promesses dans le passé".

Nicole Bricq renchérit sur RFI ce dimanche soir :

On ne fait pas confiance à priori à monsieur Mittal. Mais on sait que nous avons devant nous cette réflexion sur la stratégie industrielle. C'est pour cela qu'on a besoin du ministre de l'Industrie.

Une réponse de la ministre sur un dossier brûlant à voir dans le lecteur ci-dessous :