François Bayrou pense que l'affaire qui le touche est due à sa loi sur la moralisation de la vie publique

Publié à 08h13, le 23 juin 2017 , Modifié à 17h03, le 24 juin 2017

François Bayrou pense que l'affaire qui le touche est due à sa loi sur la moralisation de la vie publique
François Bayrou © AFP
Image Sylvain Chazot


François Bayrou, fugace ministre de la Justice retourné en la mairie de Pau bien plus tôt que prévu. La faute à une affaire de salariés MoDem qui auraient été rémunérés comme assistants parlementaires par le Parlement européen. Sylvie Goulard, Marielle de Sarnez et François Bayrou ne sont donc plus ministres. Un coup dur pour l'ancien candidat à la présidentielle qui, tient-il à rappeler, a fondé sa vie "sur un principe d’honnêteté".

Mais, dans une interview donnée à Sud-Ouest et publiée ce vendredi 23 juin, l'ex-garde des Sceaux essaye de voir la vie du bon côté. Il se dit ravi d'être "épargné" de la souffrance qu'aurait créé un trop grand éloignement de Pau. Tout cela "grâce à un certain nombre d'accidents que, pour avouer, je n'ai pas choisi", dit-il. François Bayrou, en revanche, est persuadé que d'autres ont parfaitement choisi de créer ces "accidents". Il poursuit :



Je pense que tout cela ne vient pas par hasard. Un certain nombre de forces, de puissances qui détestent l'idée d'une loi sur la moralisation de la vie publique agissent.

Vous pensiez que la théorie du complot était bien trop marquée premier semestre 2017 ? Vous aviez tort. Et on notera au passage que François Bayrou, maintenant qu'il n'est plus ministre, reparle d'une "loi sur la moralisation de la vie publique" alors qu'il avait lui-même expliqué qu'une loi n'était pas là pour moraliser.

L'ancien ministre ne dit pas à qui il pense réellement. S'agit-il du FN, l'eurodéputée Sophie Montel ayant dénoncé plusieurs de ses collègues, dont Marielle de Sarnez, auprès du Parlement européen ? Cette proche de Florian Philippot est elle-même visée, comme d'autres élus FN, par une double enquête de la justice française et du Parlement européen sur leurs assistants parlementaires. Ou bien de Corinne Lepage qui, dans un livre datant de 2014, dénonçait des emplois fictifs au MoDem ? Ou quelqu'un d'autre ? 

François Bayrou ne le dit pas. Il avoue en revanche avoir "recasé" certains salariés du parti centriste. "Où est l’irrégularité là-dedans ? Dans une période de mauvaise passe comme toutes les formations politiques en ont connues, vous cherchez à recaser un maximum de salariés, de gens de confiance. Il se trouve que les parlementaires européens recherchaient des assistants locaux. On leur a recommandé ces gens-là. Les deux parties étaient bien contentes", explique François Bayrou à Sud-Ouest. Avant de poursuivre avec une comparaison un tantinet étonnante :

C’est pareil avec un agriculteur qui ne peut plus supporter le poids d’un salarié. Il cherche un voisin qui a besoin d’un mi-temps. Je répète ma formule : l’emploi au MoDem a été normal, régulier et légal.

Ce n'est pas illégal martelé comme défense. Voilà qui nous rappelle une autre affaire. 

Du rab sur le Lab

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