François de Rugy met la pression : "L'intérêt de l'Assemblée nationale serait que Thierry Solère abandonne la questure"

Publié à 19h26, le 27 novembre 2017 , Modifié à 11h19, le 26 décembre 2017

François de Rugy met la pression : "L'intérêt de l'Assemblée nationale serait que Thierry Solère abandonne la questure"
François de Rugy. © Caputre écran BFMTV
Image Loïc Le Clerc


La pression monte sur le cas Thierry Solère. Depuis que ce dernier a, le 26 novembre, rallié LREM, il est donc, de facto, membre de la majorité. Or, Thierry Solère est questeur à l'Assemblée nationale, un poste réservé à trois députés : deux de la majorité et un de l'opposition.

CQFD ? Eh bien non. Thierry Solère s'accroche à ce poste.

Invité de BFMTV, ce lundi 37 novembre, François de Rugy, président de l'Assemblée nationale, ne cache plus son mécontentement. Il déclare :

Je le dis sans hésitation, l'intérêt de l'Assemblée nationale serait que Thierry Solère abandonne la questure. Les questeurs, c'est une gestion collégiale de l'Assemblée. Pour qu'il y ait une garantie de transparence, il a toujours été prévu que les questeurs n'appartiennent pas aux mêmes groupes. Nous l'avons inscrit dans le règlement de l'Assemblée, de façon explicite, et nous avions prévu que ça s'applique au renouvellement de la questure, en octobre 2018.

François de Rugy explique avoir eu des "échanges avec des présidents de groupe" et il l'assure : "Ils vont tous dans le même sens". Le président du palais Bourbon annonce que le Bureau de l'Assemblée se réunira mardi pour évoquer le cas de Thierry Solère.

Sauf que ce n'est ni le président ni le Bureau de l'Assemblée qui décide de qui est questeur et qui ne l'est pas. Ce sont les députés qui élisent les trois questeurs. Ce à quoi François de Rugy remarque :

Nous pourrions procéder à un vote dans l'hémicycle.

François de Rugy a déjà réagi à cette affaire de questure. Ce lundi, il publiait un communiqué qualifiant la situation d'"inédite" mais ne donnant pas son opinion à ce sujet. Auparavant, des députés de l'opposition, mais aussi de la majorité, avaient demandé la démission de Thierry Solère de son poste de questeur.









[EDIT 19H40] Solère persiste

Dans la foulée de cette interview de François de Rugy, Thierry Solère s'est exprimé sur sa situation. Invité de LCI, ce lundi 27 novembre, il persiste à ne pas vouloir quitter son poste de questeur :

Je remettrai mon mandat en jeu en octobre prochain, pour veiller à la pluralité.

Le député explique qu'ainsi, il respecte à la lettre le règlement de l'Assemblée nationale. Quant à la tradition qui veut que son poste soit réservé à l'opposition, il balaye cela d'un revers de manche, rappelant qu'il y avait aussi une "tradition d'embaucher sa femme" : "Cela fait 30 ans qu'on vit avec le PS et l'UMP qui s'étaient mis des petites règles entre-eux. [...] J'ai été élu par mes pairs. Je tiens la légitimité de cette élection. Je vois bien que ça peut créer des difficultés, mais on est dans un Etat de droit. Il ne faut pas mélanger le droit et la politique."

[EDIT 21H50]

Invitée de franceinfo ce lundi 27 novembre, Laurianne Rossi, questeure LREM, donne son avis sur l'affaire Solère :



Thierry Solère avait été élu questeur en étant membre de LR. Je suis attachée aux droits de l'opposition donc il va clairement falloir trouver une solution. La solution ne passe pas forcément par la démission de Thierry Solère. L'opposition doit être représentée au sein de ce collège.

Laurianne Rossi a rappelé que le cas de Thierry Solère devrait être tranché demain, mardi 28 novembre, lors de la réunion du Bureau de l'Assemblée.

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