François Fillon dézingue Nicolas Sarkozy : "Qui imagine le général de Gaulle mis en examen ?"

Publié à 16h21, le 28 août 2016 , Modifié à 16h49, le 28 août 2016

François Fillon dézingue Nicolas Sarkozy : "Qui imagine le général de Gaulle mis en examen ?"
François Fillon © JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
Image Etienne Girard


CASSER LA BARAQUE SAISON 2 - Avec des si, on mettrait l'Elysée dans la Sarthe. C'est d'ailleurs dans ce département que François Fillon, candidat à la primaire de la droite, fait sa rentrée politique, ce dimanche 28 août. A Sablé-sur-Sarthe, l'ancien Premier ministre a prononcé un long discours, avec l'espoir de décoller enfin dans les sondages et le cœur des Français.

Et l'ancien député des lieux s'est montré très tranchant, loin de l'image de notable un brin plan-plan qui a pu lui être prêtée. A deux reprises, François Fillon s'est complètement lâché en visant implicitement et violemment Nicolas Sarkozy. Première escarmouche dès la... deuxième phrase de sa prise de parole. Évoquant l'élection présidentielle de 2012, François Fillon a dévoilé le fond de sa pensée en roulant un tantinet des mécaniques :



En 2012, j'avais la conviction que je pouvais battre François Hollande. J'ai été loyal et discipliné.

On rembobine. Dans les mois précédant la dernière élection présidentielle, François Fillon apparaissait en effet devant Nicolas Sarkozy dans certains sondages. Sans paraître pour autant en mesure de battre le candidat de la gauche. L'intérêt de cette sortie est de sous-entendre que c'est le "cheval" Sarkozy qui a fait perdre la course élyséenne à l'écurie de la droite parlementaire. Dans l'esprit du Sarthois, le pur-sang Fillon était plus vigoureux mais, malheureusement, bridé par son supérieur hiérarchique défaillant. L'ex-président de la République a dû apprécier.

Ce n'est toutefois rien comparé à la seconde attaque de François Fillon. Sans jamais citer Nicolas Sarkozy mais en y pensant constamment, le député de Paris s'est lancé dans un éloge du Général de Gaulle. Les éléments de langage de rigueur ont tous été utilisés : haute idée de la France, autorité de l'État, intégrité. Et c'est là que François Fillon s'est autorisé un parallèle saisissant :

Ceux qui ne respectent pas les lois de la République ne devraient pas pouvoir se présenter devant les électeurs. Il ne sert à rien de parler d’autorité quand on n'est pas soi-même irréprochable. Qui imagine le général de Gaulle mis en examen ?

Une allusion aux plusieurs inculpations de Nicolas Sarkozy, toujours présumé innocent à ce jour. Le coup est rude et plutôt habile, au sein d'une famille politique dans laquelle Charles de Gaulle constitue la figure tutélaire et le modèle indépassable. Cerise sur le gâteau des petites phrases, la saillie peut tout aussi bien s'appliquer au cas d'Alain Juppé, gaulliste auto-proclamé condamné en 2004 à 14 mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité. Une première application de la promesse formulée en avril par François Fillon de casser la baraque ?







Du rab sur le Lab

PlusPlus