François Fillon ne condamne pas les maires LR qui interdisent les affiches de prévention pour les gays

Publié à 21h18, le 22 novembre 2016 , Modifié à 21h18, le 22 novembre 2016

François Fillon ne condamne pas les maires LR qui interdisent les affiches de prévention pour les gays
François Fillon © Capture d'écran BFMTV
Image Sylvain Chazot


La campagne de prévention et d'affichage public anti-VIH à destination des hommes homosexuels affole une partie de la droite. Le maire LR d'Angers Christophe Béchu a fait retirer ces affiches. Celui d'Aulnay-sous-Bois Bruno Beschizza a pris un arrêté municipal contre cette opération. Des initiatives qui ont profondément énervé l'adjoint (PCF) à la mairie de Paris en charge du logement, Ian Brossat.

La campagne s'invite aujourd'hui dans la primaire de la droite. Jean-Frédéric Poisson, avant d'être éliminé de la compétition faute de suffrages suffisants, avait demandé à Manuel Valls le retrait de cette opération de sensibilisation au motif qu'elle ferait, selon lui, la promotion de l'adultère. Or le président du Parti chrétien-démocrate et la Manif pour tous qui a, elle aussi, vilipendé la campagne de prévention, soutiennent François Fillon pour le second tour de la primaire. Le positionnement du candidat à la primaire sur ce dossier est donc sujet à interrogation. 

Questionné sur le sujet, ce mardi 22 novembre sur BFMTV, François Fillon ne condamne pas les actions des maires LR  d'Angers et d'Aulnay-sous-Bois. L'ancien Premier ministre s'en sort par une pirouette. Il dit :

S'agissant du maire d'Angers, c'est un soutien d'Alain Juppé donc je ne vais pas le condamner sinon on considérerait que c'est un acte politicien j'imagine.

Pour le maire d'Aulnay en revanche, sarkozyste pur et dur, l'argument ne tient pas. Mais François Fillon évite bien d'aborder le sujet. L'ex-Premier ministre s'en sort donc, évitant de condamner une action qui est soutenue par certains de ses soutiens pour le second tour de la primaire.

Sur le fond, s'il était maire, François Fillon dit qu'il "accepterait" cette campagne dans sa commune. Néanmoins, il comprend que des maires soient choqués. "Après tout chacun est libre. Mais ce qui compte, c'est l'efficacité d'une campagne contre le Sida", dit-il. Des mots qui rejoignent ceux de son porte-parole Jérôme Chartier. "Par principe, nous ne sommes jamais contre une campagne d'information sur le VIH, la seule chose c'est que cette campagne doit être bien sûr respectueuse et doit s'inscrire dans le cadre de la loi", a-t-il déclaré lors d'un point presse organisé mardi.

Isabelle Le Callennec, membre du mouvement "Les femmes avec Fillon", a quant à elle sous-entendu que cette campagne "incite" à l'homosexualité. "En tout cas les gens qui nous appellent, c'est les remarques qu'ils font, il faut les entendre", a-t-elle dit en marge du point presse. "Regardez les affiches, regardez les verbes, regardez... Il y a mille et une manières de faire une campagne de communication pour lutter contre le VIH et les maladies sexuellement transmissibles, c'est celle-là qu'ils ont choisie", a-t-elle ajouté.

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