François Fillon supprime de son discours la mention de l’Arabie saoudite et du Qatar

Publié à 18h58, le 29 janvier 2017 , Modifié à 18h59, le 29 janvier 2017

François Fillon supprime de son discours la mention de l’Arabie saoudite et du Qatar
François Fillon © Capture d'écran BFMTV

François Fillon prononçait ce dimanche 29 janvier le discours de son lancement de campagne présidentielle. Comme il est d’usage, le texte avait été envoyé à la presse, avec la mention "seul le prononcé fait foi". L’on peut tout de même s’interroger sur ce qui était inscrit sur le document mais n’a délibérément pas été prononcé lors du meeting, sur l’Arabie saoudite et le Qatar, à propos de la lutte contre l’islam radical.

Voici le passage envoyé aux rédactions :

 

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L’Islam radical mine nos concitoyens musulmans. Il les infiltre, il les prend en otage. Les fanatiques détestent ce que nous sommes. Je les combattrai sans relâche et sans pitié. Je veux un strict contrôle administratif du culte musulman, tant que son ancrage dans la République ne sera pas pleinement achevé. Je veux la dissolution immédiate de tous les mouvements qui se réclament du 'salafisme' ou des Frères musulmans. Je veux la clarification de nos relations avec l’Arabie saoudite et le Qatar qui abritent les doctrinaires de l’Islam radical et les marchands de 'burkini'.



Je nomme les choses. Je nomme le problème que nous avons avec l’Islam radical.

"

 

Et voilà ce que François Fillon a effectivement prononcé :

 

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L’Islam radical mine nos concitoyens musulmans. Il les infiltre, il les prend en otage. Les fanatiques détestent ce que nous sommes. Je les combattrai sans relâche et sans pitié. Je veux un strict contrôle administratif du culte musulman, tant que son ancrage dans la République ne sera pas pleinement achevé. Je veux la dissolution immédiate de tous les mouvements qui se réclament du 'salafisme' ou des Frères musulmans. Je veux la clarification de nos relations avec les États qui abritent les doctrinaires de l’Islam radical et les marchands de 'burkini'.



Moi, je nomme les choses. Je nomme le problème que nous avons avec l’Islam radical.

"

 

On notera que le candidat LR se targue de "nommer les choses", alors même qu’il ne mentionne finalement que "les États", renonçant à nommer l’Arabie saoudite et le Qatar.

Cette omission est étonnante puisque les positions de François Fillon sur l’Arabie saoudite sont connues. Lors de son passage à L’Émission politique de France 2 en octobre, alors qu’il était encore candidat à la primaire de la droite, l’ex-Premier ministre avait lancé sans ambages : "[L’arabie saoudite] n’est certainement pas notre alliée. Je considère qu'elle est, pour une part, à l'origine de la montée de l'intégrisme au sein de l'ensemble de la communauté musulmane mondiale avec le wahhabisme [et qu’elle] abrite encore en son sein des prêcheurs, des théologiens qui viennent nourrir cet intégrisme"

Fin décembre, François Fillon avait refusé de s’entretenir avec le prince saoudien Mohammed Ben Salman malgré plusieurs demandes. Déjà en 2015, François Fillon exigeait du Qatar que "son engagement contre le terrorisme [soit] clair". Quant à l'aspirant ministre des Affaires étrangères Bruno Le Maire, il souhaite, lui, que la France réexamine ses rapports avec le Moyen-Orient et notamment l’Arabie saoudite, le Yémen et le Qatar, qu’il soupçonne de financer le terrorisme. 

Désigné candidat à la présidentielle pour la droite et le centre, François Fillon n’a pas eu, ce dimanche, un discours aussi précis qu’auparavant. Contacté par Le Lab, l'entourage de François Fillon n'a pas encore répondu à nos sollicitations pour expliquer cette différence entre l'écrit et la parole.

Du rab sur le Lab

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