François Hollande appellerait à voter pour Nicolas Sarkozy face à Marine Le Pen

Publié à 15h21, le 11 octobre 2016 , Modifié à 15h59, le 11 octobre 2016

François Hollande appellerait à voter pour Nicolas Sarkozy face à Marine Le Pen
© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Image Amandine Réaux


La série des petites confidences de François Hollande aux journalistes se poursuit. Après Le stage est fini (Françoise Fressoz), Jusqu'ici tout va mal (Cécile Amar), Le pari (Bastien Bonnefous et Charlotte Chaffanjon), Le premier secrétaire de la République (Cyril Graziani), Ça n'a aucun sens (Elsa Freyssenet) et Conversations privées avec le Président (Antonin André et Karim Rissouli), le chef de l’État se livre dans un nouvel ouvrage à paraître mercredi 12 octobre : Un président ne devrait pas dire ça (Stock). Les auteurs, les journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme, ont été reçus à 60 reprises à l’Élysée pour écrire ce livre qui raconte le quinquennat.

François Hollande se confie sur de nombreux responsables politiques, et notamment sur Nicolas Sarkozy, dans un extrait publié par L’Express. Si le chef de l’État ne mâche pas ses mots concernant son prédécesseur, à qui il reproche sa "grossièreté", son "cynisme" et son "appât de l’argent". Pour autant, tout en dénonçant "la ligne de Sarkozy" qui est "la peur" et "le choix de la radicalisation verbale pour aller chercher les électeurs du Front national", François Hollande n'hésiterait pas à voter pour l'ancien chef de l'État si celui-ci était opposé, au second tour de la présidentielle, en mai 2017, à Marine Le Pen :



Oui, moi je le ferais. J'irais, pour voter contre Le Pen. Il faut se rappeler, c'était déjà très dur pour moi d'appeler à voter Chirac en 2002 [...] S'il fallait appeler à voter Sarkozy, on le ferait.

Le Parti socialiste, bien qu’il estime que Nicolas Sarkozy "va de plus en plus loin dans le tutoiement du Front national", a déjà annoncé qu’il prendrait position contre Marine Le Pen en cas de duel LR-FN. La députée socialiste Karine Berger (membre du courant La Fabrique, entre les légitimistes et les frondeurs), est, pour sa part, favorable à un ni-ni si un tel scénario se présentait. "Nicolas Sarkozy a un discours et des positions qui, sur les questions d’immigration et d’identité, sont à nos yeux les mêmes que celles du FN", regrette-t-elle.

S’il appellerait à voter pour Nicolas Sarkozy, François Hollande reste toutefois intarissable sur son prédécesseur dont il critique allègrement "l’appât de l’argent" :

Les cassettes [de l'ex-conseiller à l'Elysée de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson] sont très importantes, non pas qu'elles révèlent quoi que ce soit - il n'y a pas de secrets d'Etat - mais elles vont révéler ce qu'est ce type. Sa grossièreté, sa méchanceté, son cynisme. Ce qu'on ne voit pas chez lui, c'est qu'il ne fait pas le partage entre ce qui est possible et ce qui n'est pas possible, le légal et le non-légal, le décent et le non-décent. Pourquoi cette espèce d'appât de l'argent ? [...] Il s'entoure de gens d'argent. Pourquoi ? [...] L'argent est toujours l'argent ! C'est ça qui est étonnant.

Et le Président d’évoquer leur première rencontre depuis la passation de pouvoir, en décembre 2013. Sa surprise, surtout, lorsque Nicolas Sarkozy "commence à [lui] parler de l'argent qu'il gagnait avec ses conférences" :

Je me dis : il ne va pas oser quand même… Uniquement l'argent ! Que l'argent...


[BONUS TRACK]

Dans Un président ne devrait pas dire ça, les journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme racontent encore un entretien avec François Hollande, lors duquel ils lui ont demandé, "de manière volontairement provocatrice", s'il trouvait qu'il y avait trop d'immigration en France. La réponse a de quoi surprendre pour un Président socialiste :



Je pense qu'il y a trop d'arrivées, d'immigration qui ne devrait pas être là.

Le chef de l'État confie encore :

Qu'il y ait un problème avec l'islam, c'est vrai. Nul n'en doute. Il y a un problème avec l'islam, parce que l'islam demande des lieux, des reconnaissances. Ce n'est pas l'islam qui pose un problème dans le sens où ce serait une religion qui serait dangereuse en elle-même, mais parce qu'elle veut s'affirmer comme une religion dans la République. Après, ce qui peut poser un problème, c'est si les musulmans ne dénoncent pas les actes de radicalisation, si les imams se comportent de manière antirépublicaine...

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