François Hollande assure qu’en 2017, la France sera "dans une meilleure situation qu’en 2012"

Publié à 14h58, le 14 juillet 2016 , Modifié à 15h05, le 14 juillet 2016

François Hollande assure qu’en 2017, la France sera "dans une meilleure situation qu’en 2012"
© EMMANUEL DUNAND / AFP

"Ça va mieux". François Hollande l’avait affirmé dès le 14 avril. Plus tard, Jean-Christophe Cambadélis avait même déclaré : "ça va beaucoup mieux". Lors de son interview télévisuelle du 14 juillet, François Hollande n’est pas allé jusque là, mais a livré une nouvelle variante de sa désormais célèbre formule, qui a un petit goût de candidature à l’élection.

Ainsi, le Président estime qu’il a "tenu tous [ses] engagements" (même si cela est faux) et qu’il y a "un résultat" sur le chômage. Alors qu’il conditionne sa candidature en 2017 à l’inversion de la courbe, le chef de l’Etat a dû à la fois se justifier sur l’augmentation du chômage pendant son quinquennat, mais aussi montrer que sa promesse sera tenue.

Première phase, la justification :

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J’avais demandé aux Français du temps pour arriver à remettre l’économie sur ses pieds et notamment sur les pieds de la compétitivité parce que si nous ne sommes pas compétitifs, nous ne pouvons pas créer d’emploi.

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Et voilà qui lui permet de vanter les mérites de la loi El Khomri, adoptée en deuxième lecture à l’Assemblée avec un deuxième 49.3. François Hollande l’affirme : la courbe du chômage va s’inverser d’ici à la fin de l’année. C’est la deuxième phase : la promesse sera tenue.

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Nous aurons une inversion de la courbe du chômage, mais c’est vrai que le chômage reste à un niveau élevé. [...] Et ça veut dire qu’il va falloir continuer la politique que j’ai menée. [...] Ce que je pense c'est que les choix que j'ai fait étaient les bons [...] Oui, c’était le bon cap et je pense qu’il faut le suivre.

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François Hollande anticipe ainsi les potentielles critiques sur le fort taux de chômage qu’il laissera à la fin du quinquennat. Ce qui, apparemment, ne pourra pas l’empêcher de se représenter si la courbe du chômage est effectivement inversée. Car il y aura d’autres facteurs qui feront que *ça ira encore mieux* en 2017 :

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Je vais laisser une situation où il y aura moins de déficit, moins d'impôts, où des économies auront été faites. [...] J’aurai permis au pays d’être dans une meilleure situation qu’en 2012.

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Car le chef de l'Etat affirme avoir "hérité d'un pays qui avait 40 de fièvre" dont "on se posait la question de savoir s'il fallait l'hospitaliser".

François Hollande a donc tout l’air d’avoir préparé ses arguments de campagne en tant que Président sortant, qui doit nécessairement se justifier sur son bilan... et avoir besoin d'un peu de rab. Car, comprenez-vous, "le temps est court : cinq ans, c'est très court", comme il l'a dit lui-même.

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