François Hollande ne fait aucune différence entre les programmes économiques des candidats à la primaire de la droite

Publié à 07h11, le 30 juin 2016 , Modifié à 07h24, le 30 juin 2016

François Hollande ne fait aucune différence entre les programmes économiques des candidats à la primaire de la droite
© LIONEL BONAVENTURE / AFP

C’est une interview fleuve aux forts accents de candidat à la présidentielle qu’accorde le Président aux Echos ce 30 juin. François Hollande y détaille ses mesures économiques (baisse d’impôt envisagée pour les classes moyennes, prolongation de la prime à l’embauche dans les PME en 2017, etc.), n’exclut pas un nouveau 49.3 pour faire passer la loi Travail en seconde lecture à l’Assemblée, et souhaite rendre la place financière de Paris plus attractive après le Brexit.

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Mais le chef de l’Etat-toujours-pas-candidat-à-sa-réélection en profite aussi pour étriller ses futurs adversaires en 2017 (dans l’hypothèse où il remporterait la primaire de la BAP). "L’originalité n’est pas leur marque de fabrique", lance-t-il à propos des programmes économiques candidats à la primaire de la droite. François Hollande détaille alors les mesures proposées, tout en prenant soin de montrer que, lui président, il a protégé "notre modèle social", que la droite mettrait en danger. Il dit :

 

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Remettre en cause les 35 heures alors même que nous trouvons des solutions pour que les négociations dans les entreprises permettent la meilleure organisation du travail sans remise en cause de la rémunération des heures supplémentaires ? Casser le contrat de travail, alors que nous faisons en sorte que la clarification des règles de licenciement permette désormais que l'on embauche en CDI plutôt qu'en CDD ? Bousculer les règles du départ à la retraite, alors que le régime général est équilibré et que les partenaires sociaux ont fait un effort exceptionnel pour rétablir la situation des régimes complémentaires ? Changer les modes d'organisation de l'assurance-maladie alors que nous avons réduit le déficit de l'assurance-maladie ? Promettre aux ménages les plus favorisés des avantages fiscaux, alors que la branche famille est tout juste à l'équilibre ?

Je trouve qu'il y a beaucoup d'inconséquences et peu de justice. Les programmes des candidats à la primaire, c'est plus de dépenses dans tous les domaines et moins d'impôts dans tous les autres.

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François Hollande fait-il pour autant une distinction entre les programmes de Nicolas Sarkozy, d’Alain Juppé, de François Fillon ou encore de Bruno Le Maire ?

"Aucune", répond-il. Avant de lâcher une petite blagounette. Car ce n'est pas parce qu'on parle d'économie qu'on enlève son costume de "Monsieur petites blagues" :

 

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C'est sur d'autres sujets que se fait la différence, essentiellement sur l'Europe et sur l'identité nationale. Mais pour le reste, c'est, si je puis dire, un fonds commun de mauvais placement.

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Lors du premier meeting de "Hé Oh la gauche", l’initiative pro-Hollande lancée par Stéphane Le Foll, des tracts mettaient en cause les propositions des candidats à la primaire, sur le mode : "Ne critiquez pas le bilan du quinquennat car ça serait pire avec la droite".

[BONUS TRACK] Manu a raison, mais faut pas trop le dire

Interrogé sur la formule de Manuel Valls, selon lequel il y aurait deux gauches "irréconciables", le chef de l’Etat a pas mal esquivé la question en refusant de reprendre le terme à son compte… même s’il a fini par dire en substance que le Premier ministre a raison :

 

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Il y a une gauche de gouvernement. Celle-là, dans toute sa diversité, elle doit se rassembler. C'est son devoir ; sinon elle laissera la place à la droite ou à l'extrême droite. Et puis il y a une gauche de contestation. Elle a toujours existé. Elle conteste un système et ne pose pas réellement la question de l'exercice du pouvoir. L'expérience de Syriza en Grèce aurait pourtant pu l'éclairer. L'intransigeance de Podemos en Espagne a contribué à laisser la droite gouverner. Le pire serait, dans une Europe minée par le populisme, de considérer que gouverner c'est trahir.

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