François Hollande veut "réparer les erreurs" libyennes de Nicolas Sarkozy

Publié à 18h05, le 23 avril 2015 , Modifié à 18h05, le 23 avril 2015

François Hollande veut "réparer les erreurs" libyennes de Nicolas Sarkozy
François Hollande. © PHILIPPE HUGUEN / AFP

Intervenir en Libye, en 2011, le Parti socialiste et François Hollande n’étaient pas contre. En revanche, la gestion de l’après-intervention militaire les rend plus dubitatifs. Ce jeudi 23 avril, après la multiplication de naufrages dramatiques de migrants en mer Méditerranée, François Hollande a estimé que pour mettre fin à ces tragédies, il fallait notamment "réparer les erreurs du passé" en Libye, visant implicitement son prédécesseur Nicolas Sarkozy.

"La question, c'est de savoir comment se fait-il qu'après une intervention il y a plus de trois ans et demi, il n'y ait eu aucune réflexion sur ce qui devait se passer après", s’est interrogé le chef de l’Etat avant de développer :

Si le monde reste indifférent à ce qui se passe en Libye, alors, même si on met davantage de moyens, davantage de surveillance, davantage de présence en mer, davantage de coopération, davantage de lutte contre les terroristes, il y aura toujours cette cause terrible qui est le fait que ce pays n'est plus dirigé, n'est même plus gouverné, il est dans le chaos.

En 2011, Nicolas Sarkozy avait joué un rôle moteur avec le Premier ministre britannique David Cameron dans le déclenchement de l’opération militaire internationale en Libye, qui avait conduit à la chute du régime de Mouammar Kadhafi.

Ce n'est pas la première fois que François Hollande incrimine son prédécesseur dans le dossier libyen. Dès 2011, celui qui était alors candidat du PS à la présidentielle avait estimé que Nicolas Sarkozy avait "beaucoup à se faire pardonner" sur le dossier libyen. Ses proches avaient ensuite demandé, en 2012, des explications à l’ancien chef de l’Etat. Ce à quoi Nathalie Kosciusko-Morizet avait dénoncé une "diversion grossière", en pleine campagne élyséenne.

Proche de Nicolas Sarkozy et ancien conseiller élyséen de ce dernier, le député UMP Henri Guaino a reconnu récemment que cette intervention française sur l’autre rive de la Méditerrannée avait contribué à faire prospérer le chaos dans la région. "Nous sommes en partie responsable de ce chaos", concédait-il. Mais, assure-t-il, Nicolas Sarkozy avait agi "en conscience".

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