François Rebsamen : "Le ministre du Travail ne peut pas, à lui seul, endiguer la hausse du chômage"

Publié à 07h39, le 19 août 2015 , Modifié à 09h22, le 19 août 2015

François Rebsamen : "Le ministre du Travail ne peut pas, à lui seul, endiguer la hausse du chômage"
François Rebsamen © ERIC FEFERBERG / AFP

Drôle de rentrée pour François Rebsamen. Alors que les vacances sont terminées pour le gouvernement, le ministre du Travail, lui, s'apprête à quitter ses fonctions. Il remettra sa démission à François Hollande et Manuel Valls après le conseil des ministres de ce mercredi 19 août. Et il s'en va avec un bilan qui lui a été amplement reproché : 200.000 chômeurs de plus dans ses valises.

Alors celui qui avait un temps reconnu "l'échec collectif" de la lutte contre le chômage est un peu désabusé. Il a "un pincement au coeur", explique même RTL. Il aurait bien aimé avoir plus de temps pour obtenir des résultats. Mais dans un entretien à l'AFP, s'il "ne s'exonère pas de sa propre responsabilité" en la matière, il explique que quiconque est à son poste ne peut pas tout :

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Le ministre du Travail est en bout de chaîne, il ne peut pas, à lui seul, endiguer la hausse du chômage. Par contre, il peut lancer un certain nombre de dispositifs pour préparer sa résorption quand l'économie repart. C'est ce que nous avons fait.

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D'ailleurs, il n'hésite pas à nommer ses prédécesseurs - y compris depuis l'arrivée de François Hollande à l'Élysée - qui eux aussi ont connu ces *petites* difficultés : 

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Depuis monsieur (Jean-Louis) Borloo, parmi tous les ministres du Travail qui se sont succédé, que ce soit messieurs (Eric) Woerth, (Xavier) Bertrand, (Xavier) Darcos, (Brice) Hortefeux, (Michel) Sapin, personne n'est arrivé à endiguer la montée du chômage

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C'est donc une responsabilité plus large et qui incombe en grande partie à la conjoncture, explique-t-il, s'en remettant presque entièrement à la fameuse reprise économique :

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Si la croissance atteint entre 1,2% et 1,5%, comme prévu, à la fin de l'année, mécaniquement, le chômage baissera. S'il n'y a pas de croissance, ce ne sera pas le cas. On est tributaire, en partie, de la croissance.

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Bonne rentrée, donc. Et bon courage à son successeur.

[BONUS TRACK] Je tiens mes engagements, MOI

François Rebsamen en a un peu marre d'être accusé de déserter le front de l'emploi pour reprendre la mairie de Dijon. D'autant, argumente-t-il, qu'il ne fait là que respecter un "engagement" (contrairement à ce qui est souvent reproché aux responsables politiques) et que si on était "plus sympathique" avec lui, on l'en féliciterait. Sur Europe 1, le futur ex-"ministre du chômaaaaage" explique :

 

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J'avais pris un engagement auprès des Dijonnais, c'est que si Alain Millot [décédé fin juillet, ndlr], pour une raison ou pour une autre, n'était plus maire, je reviendrais. [...] Je tiens cet engagement. On pourrait dire aussi, si on voulait être plus sympathique avec moi, que les politiques ne tiennent pas toujours leurs engagements, là je tiens mon engagement [...].

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