"Gâchis", "obstination", "noyau radicalisé" : Alain Juppé dézingue François Fillon

Publié à 11h40, le 06 mars 2017 , Modifié à 11h56, le 06 mars 2017

"Gâchis", "obstination", "noyau radicalisé" : Alain Juppé dézingue François Fillon
Alain Juppé © MEHDI FEDOUACH / AFP
Image Amandine Réaux


S’il subsistait un maigre doute, il est désormais levé. Alain Juppé l’a dit "une bonne fois pour toutes" lundi 6 mars, au cours d’une prise de parole depuis Bordeaux et retransmise sur les chaînes d’information : il ne sera pas candidat à la présidentielle, même en cas de retrait de François Fillon.

Le finaliste malheureux de la primaire de la droite répond donc par la négative aux "très nombreux appels" lui "demandant de prendre la relève", qui l’ont "fait hésiter". Mais alors que plus de 300 élus, dont la totalité des juppéistes, ont lâché François Fillon, le soutien d’Alain Juppé n’est plus aussi clair qu’avant. Le maire LR de Bordeaux a sorti l’artillerie lourde contre son ancien adversaire de la primaire et ce malgré la situation catastrophique du paysage politique français qu’il a évoquée en préambule.

  • Il a gâché notre primaire

François Fillon avait remporté la primaire de la droite et du centre avec plus de 66%, élu par plus de 4 millions d’électeurs. Un succès pour beaucoup, mais qu’il a lui-même gâché par la suite, se désespère Alain Juppé :



Quel gâchis ! Au lendemain de notre primaire, dont le résultat a été incontestable et incontesté, François Fillon, à qui j’avais immédiatement et loyalement apporté mon soutien, avait un boulevard devant lui. Je lui ai renouvelé ce soutien à plusieurs reprises. Le déclenchement des investigations de la justice à son encontre et son système de défense fondé sur la dénonciation d’un prétendu complot et d’une volonté d’assassinat politique l’ont conduit dans une impasse.
  • Il a stigmatisé le centre

Alain Juppé accuse ensuite "certains" d’avoir "stigmatisé" le centre, quand lui prônait le rassemblement :



Une partie du centre, que certains d’entre nous ont rudement stigmatisé, nous a quittés.

Durant la campagne de la primaire, François Fillon avait demandé au maire de Bordeaux de clarifier le rôle de François Bayrou (MoDem), qui le soutenait. Depuis l’affaire des emplois fictifs présumés, le candidat LR a négocié avec l’UDI 68 circonscriptions gagnables pour les législatives, avant de se faire lâcher par le parti centriste. Jean-Christophe Lagarde, patron de l’UDI, a fait planer dimanche la menace d’une candidature Borloo en cas de maintien de François Fillon.

  • Il a radicalisé notre électorat

Le rassemblement de dimanche au Trocadéro, qui a réuni des dizaines de milliers de personnes, n’est pas le coup de force qu’a voulu François Fillon, selon Alain Juppé :



Comme l’a montré la manifestation d’hier au Trocadéro, le noyau des militants et sympathisants LR s’est radicalisé.

Le rassemblement était co-organisé par Sens commun, mouvement issu de la Manif pour tous. Vues les récentes déclarations, il y avait peu de chances d’y croiser des centristes.

  • Obstination Fillon

Pour la 78ème fois, François Fillon a martelé dimanche soir qu’il serait candidat à la présidentielle "jusqu’au bout". Ce qui relève carrément de l’"obstination" pour Alain Juppé :



François Fillon n’a cessé d’affirmer sa détermination, hier soir encore son obstination.

Allez, malgré tout, le Bordelais espère la victoire de son parti à la prochaine présidentielle (sans nommer François Fillon). Et fait savoir, en guise de conclusion, qu’il prendra régulièrement la parole sur tout un tas de sujets importants :

Je ne me priverai pas d’exprimer mon point de vue sur les grandes questions d’avenir : le relèvement de la France, de son économie, de ses finances publiques, de sa protection sociale, le combat pour une nouvelle Europe capable de défendre ses intérêts communs mais aussi de jouer son rôle de messager de paix dans un monde où les nationalismes et les protectionnismes font ressurgir des bruits de guerre, mais aussi la sauvegarde de la planète, la transformation numérique de nos économies, de notre société, peut-être de notre humanité.

Voilà les défis que devra relever celui qui portera les couleurs de la droite et du centre dans quelques semaines et, je l’espère, durant le prochain quinquennat.

L'analyse d'Alain Juppé sur la candidature de François Fillon a même convaincu le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis :





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