Gauche/droite, conservateurs/progressistes, patriotes/mondialistes : quel clivage politique en France ?

Publié à 11h42, le 28 avril 2016 , Modifié à 11h42, le 28 avril 2016

Gauche/droite, conservateurs/progressistes, patriotes/mondialistes : quel clivage politique en France ?
© Montage via AFP.

"Le clivage droite-gauche est élimé comme un tapis qui aurait trois siècles." La saillie, signée Nicolas Sarkozy en 2014, reflète un questionnement devenu de plus en plus présent dans le débat politique français : le clivage droite-gauche hérité de la Révolution française a-t-il vécu alors que plusieurs personnalités plaident pour un rassemblement des "républicains" ou des "progressistes", de droite comme de gauche ?

Etat des lieux des grandes familles de clivages existant dans le paysage politique.

#Conservateurs-progressistes

C’est dans cette optique que l’iconoclaste Emmanuel Macron a lancé un mouvement politique tout d’abord "ni de droite ni de gauche" puis finalement "et de droite et de gauche". Mais, selon le ministre de l’Economie, ce clivage traditionnel du débat public est obsolète et dépassé par le clivage conservateurs-progressistes. Après avoir estimé que la gauche "ne le satisfait plus", il a dit :

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A mes yeux, le vrai clivage dans notre pays (...) est entre progressistes et conservateurs, c'est ce clivage que je veux rebâtir maintenant et je ne veux pas attendre 2017.

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#Gauche-droite

Manuel Valls, perturbateur en chef de la gauche socialiste jusqu’à l’émergence d’Emmanuel Macron, a renvoyé son ministre dans les cordes, assurant que l’éternel débat gauche-droite persistait et demeurait même nécessaire :

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Il serait absurde de vouloir effacer les différences entre la gauche et la droite. Il y a forcément des forces politiques. Il y a même une gauche et même une droite. Il y a des extrêmes gauches et une extrême droite. Et heureusement. C'est ainsi que fonctionne notre démocratie.

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#Système-hors système

Pourtant, d’autres clivages se font jour à l’approche de l’élection présidentielle de 2017. Pour Rama Yade, candidate déclarée à l’Elysée, le vrai clivage se situe désormais dans le positionnement par rapport "au système". Invitée de France 2 ce jeudi 28 avril, l’ex-secrétaire d’Etat de Nicolas Sarkozy affirme :

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Je suis d’accord sur le fait que le clivage gauche-droite s’est affaissé. Néanmoins il y a encore un clivage qui se situe entre ceux qui sont dans le système – et monsieur Macron fait partie du système – et ceux qui sont hors du système. Je me considère comme hors du système.

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Si Rama Yade se situe dans cette dernière catégorie, elle y place également Marine Le Pen. Mais la présidente du Front national, comme l’ensemble des cadres du parti d’extrême droite, a désormais un autre mantra pour définir les divergences idéologiques qui parcourent la classe politique française.

#Mondialistes-patriotes

Au FN, qui lui aussi refuse d’être catalogué et mis dans une case, on avance que le débat se fait autour de l’Europe et de la mondialisation. Après sa défaite aux élections régionales face à Xavier Bertrand, Marine Le Pen, qui se veut la représentante des "patriotes", avait ainsi affirmé :

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Nous sommes entrés dans un bipartisme. Un bipartisme entre deux conceptions exclusives l’une de l’autre qui va désormais structurer notre vie politique. Maintenant, le clivage sépare non plus gauche et droite mais mondialistes et patriotes.

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#Capitalisme-anticapitalisme

Pour Jean-Luc Mélenchon, lui aussi candidat déclaré à la présidentielle, le clivage politique n’est plus non plus entre libéraux et progressistes du point de vue économique. "La social-démocratie était le principal courant progressiste en Europe. Elle s’est complètement dissoute dans le libéralisme", explique l’eurodéputé à L’Obs en kiosques ce 28 avril. Et de déterminer le clivage politique aujourd’hui à l’œuvre entre anticapitalisme et capitalisme. Ce qu’il définit ainsi :

 

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En France, il n’y a plus de clivage entre le PS et les Républicains mais des nuances. (…) Il y a en revanche un clivage entre la politique qui avalise la domination du capital financier et du productivisme et celle qui prône une alternative.

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Avec toutes ces fractures, on ne sait vraiment plus à quel clivage se vouer.

Du rab sur le Lab

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