Gérard Filoche explique pourquoi il a choisi Arnaud Montebourg plutôt que Benoît Hamon [Spoilers : c’est la faute d’Emmanuel Macron]

Publié à 12h56, le 17 janvier 2017 , Modifié à 13h04, le 17 janvier 2017

Gérard Filoche explique pourquoi il a choisi Arnaud Montebourg plutôt que Benoît Hamon [Spoilers : c’est la faute d’Emmanuel Macron]
Gérard Filoche et Arnaud Montebourg © Sylvain Chazot
Image Sylvain Chazot


Le froid ne les a pas arrêtés. Ce mardi 17 janvier, Gérard Filoche et Arnaud Montebourg se sont retrouvés pour la première fois depuis l'annonce du soutien du premier au second, lundi. Cela s’est déroulé au McDonald’s de la gare du Nord, au matin. Drôle d’endroit pour un premier rencard. Le lieu est plus souvent choisi pour les afters. Mais la situation était pourtant adéquate : des salariés de McDonald’s Île-de-France sont en conflit avec la direction pour protester contre leurs conditions de travail, réclamer une augmentation de salaire pour passer à 13 euros de l’heure et protester contre l’évasion fiscale opérée par le groupe.

C’est donc là, au matin, au milieu des effluves des premiers cheese burgers et des derniers McMorning que Gérard Filoche et Arnaud Montebourg se sont donnés rendez-vous et ont discuté avec des syndicalistes CGT. L’occasion était parfaite pour le candidat à la primaire de la Belle Alliance Populaire de dérouler son programme et de se vendre, une nouvelle fois, comme le "candidat de la fiche de paie". Et les deux comparses de citer par deux fois les exemples de Bernie Sanders et de Hillary Clinton qui proposaient, durant la campagne présidentielle américaine de passer le salaire minimum à 15 dollars de l’heure.

Mais cela n’explique pas pourquoi Gérard Filoche a finalement opté pour Arnaud Montebourg et non pour Benoît Hamon, autre candidat de la gauche du Parti socialiste. La raison est pourtant simple. L’adversaire de Gérard Filoche a un nom, il a un visage, il a un parti et il présente même un candidat à la présidentielle. Son adversaire, c’est Emmanuel Macron. Il dit :



Il a parlé de Macron, Benoît [Hamon]. C’est exclu [rires]. C’est déjà quelque chose. J’aurais pu voter pour les deux [Arnaud Montebourg ou Benoît Hamon, ndlr]. Ne m’opposez pas à Benoît pour autant. Il faudra que l’on se retrouve ensemble en fonction du cas de figure le 22 ou le 29 janvier.

Lundi 2 janvier, sur Europe 1, Benoît Hamon s’est dit ouvert à des discussions avec l’ancien ministre de l’Économie. "Je prends un engagement : si le 29 janvier je suis choisi, si les électeurs de gauche me font l’honneur de me choisir comme leur candidat, la première chose que je ferai c’est de proposer à Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot, que nous rencontrions, séparément sans doute au départ, et pour voir sur quelles bases nous pourrons organiser le rassemblement de la gauche", avait assuré l’ex-ministre de l’Éducation nationale.  

Le soutien de Gérard Filoche à Arnaud Montebourg assuré, on en aurait presque oublié les déclarations du socialiste qui, en septembre 2016 – une éternité – estimait que l’ancien ministre du Redressement productif était selon lui, "à droite de" François Hollande.





Au Lab, Gérard Filoche explique :

À l’époque, il n’était pas pour l’abrogation de la loi El Khomri. Vous pouvez deviner que, pour moi, c’est la seule chose importante.

Le 21 août dernier, lors de son discours de Frangy-en-Bresse, Arnaud Montebourg s’était prononcé pour une simple "renégociation" de la fameuse loi Travail. "C'est une loi qui semble-t-il fait l'unanimité contre elle du côté des partenaires sociaux. Donc moi ma position est une position d'abrogation", avait-il finalement déclaré mi-octobre. Un changement de position qui lui aura permis de séduire Gérard Filoche.

 



[BONUS TRACK] Rien contre Ferrari

En marge de sa rencontre avec des salariés de McDonald’s, Arnaud Montebourg a été interrogé sur sa sortie *remarquée* lors du deuxième débat de la primaire au sujet d’iTÉLÉ.

Deux jours plus tard, Arnaud Montebourg ne regrette pas son intervention. Devant quelques journalistes, il dit :

Je ne parlais pas de la chaîne, je parlais de son patron. Elle [Laurence Ferrari] l’a pris pour elle. Mais je n’ai rien contre elle. Elle est plutôt sympathique la dame Ferrari.

Dimanche, lors du débat, l’ancien ministre du Redressement productif avait dénoncé "la concentration des médias entre quelques mains pour éteindre le pluralisme". "Il y a même une chaîne, votre chaîne madame Ferrari, le propriétaire de votre chaîne qui est allé jusqu’à détruire son outil de travail pour empêcher le pluralisme", avait-il lancé avant que Laurence Ferrari ne lui réplique : "Concernant la chaîne que vous évoquez, iTÉLÉ, elle est là, elle est bien là et je la représente ce soir monsieur Montebourg."

Du rab sur le Lab

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