Guaino aurait plus honte de contribuer à l'élection de Macron qu'à celle de Le Pen

Publié à 11h22, le 25 avril 2017 , Modifié à 11h26, le 25 avril 2017

Guaino aurait plus honte de contribuer à l'élection de Macron qu'à celle de Le Pen
Henri Guaino © AFP

Alors que les choses soient claires : Henri Guaino ne votera pas pour Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle. "La question c'est : 'est-ce que vous appelez à faire barrage au fascisme en votant pour monsieur Macron ?' La réponse est non, je ne voterai  pas monsieur Macron et j'espère qu'il n'y aura pas une voix de plus pour monsieur Macron", s’exclame l'ancienne plume de Nicolas Sarkozy, ce mardi 25 avril, sur LCI, après avoir expliqué qu'il ne votera pas non plus pour Marine Le Pen au second tour de la présidentielle parce qu'il est notamment opposé à la suppression du droit du sol.

Et pourtant, Henri Guaino ne met pas du tout les deux candidats sur le même plan. La journaliste de LCI Audrey Crespo-Mara demande alors au député LR s'il n'aurait pas honte, en cas de victoire de Marine Le Pen le 7 mai, d'avoir contribué à ce succès en balançant autant sur Emmanuel Macron – et l'ensemble de la classe politique. La réponse d'Henri Guaino est la suivante :

J'aurais aussi honte, peut-être même encore plus,d'avoir contribué à avoir fait élire monsieur Macron.

 

Espérer qu'il n'y aura pas une voix de plus pour Emmanuel Macron. Ajouter qu'il aurait plus honte de contribuer à l'élection de l'ancien ministre de l'Économie qu'à celle de la cheffe frontiste… Il y a peut-être un moment où Henri Guaino devrait mettre les choses au clair et, pourquoi pas, annoncer son ralliement au FN. Pas du tout, jure-t-il pourtant, assurant qu'il ne voudra pas gouverner avec Marine Le Pen.

Reste qu'Henri Guaino se rapproche lentement mais sûrement du Front national. D'autant que le nom du député des Yvelines reste régulièrement cité par les cadors du FN comme exemple des élus LR avec lesquels le FN peut et veut travailler. Gilbert Collard rappelle d'ailleurs que tous deux se parlent régulièrement au téléphone, souligne Audrey Crespo-Mara. Et alors ? répond Henri Guaino qui, pour se défendre de toute idée de proximité excessive, raconte que beaucoup de ses collègues font la bise à Marion Maréchal-Le Pen :

Monsieur a son bureau dans le même immeuble que moi donc je croise monsieur Collard très souvent dans cet immeuble. J'aime beaucoup monsieur Collard à titre personnel et nous discutons avec monsieur Collard. Écoutez, moi je vois beaucoup de députés LR faire la bise à madame Maréchal [Le Pen] par exemple. Est-ce que ça veut dire qu'ils vont se rallier au Front national ? […] La bise c'est pas plus que la discussion ?

 

On ignore si embrasser, c'est tromper. Mais Henri Guaino l'assure : il n'est pas du tout question de ralliement. "Ce n'est pas du courage, c'est de la conviction, c'est tout", poursuit-il avant de citer… Mao. Ce qui nous change de De Gaulle. "Mao disait : 'les politiciens contournent toujours l'obstacle'. Voilà. Les politiciens sont là pour eux et par pour les Français. Ils sont enfermés dans leur langue de bois, dans leur code, dans leurs petites stratégies, dans leurs petites magouilles, dans leurs petites stratégies. Moi, je ne suis pas du tout dans ce registre-là. Ça ne m'intéresse pas. Je parle avec qui je veux, je sers la main à qui je veux, je dis ce que je veux et ce que je ne veux pas", conclut Henri Guaino. Ce qui n'est, pour le coup, pas très clair.

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