Harcèlement sexuel : Édouard Philippe craint que mécaniquement "des accusations portées soient excessives par rapport aux faits dénoncés"

Publié à 21h37, le 22 novembre 2017 , Modifié à 21h37, le 22 novembre 2017

Harcèlement sexuel : Édouard Philippe craint que mécaniquement "des accusations portées soient excessives par rapport aux faits dénoncés"
© AFP

Les femmes ont massivement pris la parole, depuis l’affaire Harvey Weinstein, pour dénoncer les cas de harcèlement, agressions sexuelles et/ou viol(s) dont elles ont été victimes. À l’approche du remaniement ministériel, Édouard Philippe est interrogé, ce mercredi 22 novembre lors de l'émission En direct de Mediapart, sur l’attitude que le gouvernement adopterait si un ministre était accusé de harcèlement sexuel. La réponse du Premier ministre est claire : "Il y a des choses qui ne sont pas acceptables et qui ne doivent pas être acceptées." Autrement dit : ce ministre se ferait virer.

Mais Édouard Philippe ne s’arrête pas là. Cet avocat de profession dit craindre que certains témoignages ne soient pas tout à fait conformes à la réalité. Il explique :

 

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Une fois qu’on a dit ça - c’est mon côté 'en même temps' - [...], on peut aussi faire attention d’abord à conserver une forme de civilité entre les hommes et les femmes, à ne pas tomber dans une relation qui serait systématiquement une relation de méfiance. On doit pas non plus s’interdire, je vais peut-être choquer en disant ça, une certaine forme de séduction intellectuelle, qui ne peut jamais être une forme de violence, de contrainte, mais qui peut être une forme de séduction.



On ne peut pas non plus oublier que dans cette libération de la parole, il arrivera mécaniquement que des accusations portées soient excessives par rapport aux faits dénoncés. Ça arrivera. Je suis pas en train de justifier quoi que ce soit, mais on l’a vu dans des sociétés qui étaient plus exigeantes que nous sur la question des violences sexistes ou sexuelles, je pense par exemple à un certain nombre de sociétés dans le nord de l’Europe qui sont beaucoup plus exigeantes depuis beaucoup plus longtemps que nous là-dessus. C’est vrai parfois, à certains égards, aux États-Unis. Vous avez parfois des dénonciations qui laissent à penser que les faits sont peut-être un peu plus compliqués que simplement la version des faits qui est dénoncée. Et ça sera très compliqué. C’est pour ça qu’il faut être très prudent sur le sujet. Il faut pas oublier que, même dans ces affaires, la présomption d’innocence existe. La présomption d’innocence, c’est pas seulement quand ça vous arrange. C’est pour tout le monde et c’est tout le temps.

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