Henri Guaino "remercie" Marine Le Pen pour son parrainage mais précise que ce "n'est pas un soutien"

Publié à 10h14, le 15 mars 2017 , Modifié à 11h20, le 15 mars 2017

Henri Guaino "remercie" Marine Le Pen pour son parrainage mais précise que ce "n'est pas un soutien"
Henri Guaino © Montage Le Lab via franceinfo:
Image Etienne Baldit


ÇA FAIT PLAISIR - C'était le combo coup de com' réussi + gros appel du pied de mardi 14 mars. Marine Le Pen, déjà qualifiée pour la présidentielle, a annoncé accorder son parrainage à Henri Guaino, candidat à la peine dans cette quête des signatures (il en totalise désormais 17 sur les 500 nécessaires). Un geste estampillé "plaisir d'offrir" et qui illustre la volonté de la présidente du FN de s'allier à certaines personnalités issues de la droite classique. Et Henri Guaino y apporte une réponse "joie de recevoir", ce mercredi.

"Je l'ai appris comme vous au moment où madame Le Pen l'a annoncé", a-t-il réagi sur franceinfo:, le député LR des Yvelines précisant n'en avoir pas parlé avec la leader frontiste au préalable. Et de poursuivre :

Je ne lui ai rien demandé, elle ne m'a rien demandé. Elle a décidé, comme élue de la République, de m'accorder son parrainage. Je l'accepte comme n'importe quel autre parrainage. Je peux même lui dire merci, comme je dis merci à n'importe qui qui m'accorde son parrainage. Le parrainage n'est pas un soutien, je vous le rappelle, c'est l'autorisation de se présenter.

Pour moi, il est équivalent aux autres, parce qu'à la fin, on compte arithmétiquement et il est équivalent d'avoir le parrainage du maire de Marseille ou du maire d'un village de 100 habitants. Si monsieur Mélenchon, demain, m'apporte son parrainage, eh bien je lui dirais merci, si monsieur Hamon m'apporte son parrainage, je lui dirais merci. Voilà, il s'agit d'un acte qui n'a à mes yeux à voir qu'avec l'exercice des prérogatives que la loi confie aux élus.

L'ancienne plume a même tweeté ces remerciements (mais pas la partie "ce n'est pas un soutien"), chose très rare pour lui qui est très peu actif sur le réseau social :





Rien de vraiment engageant politiquement donc, selon lui. La veille sur son site officiel, Marine Le Pen écrivait :

Avec la candidature de François Fillon à l’élection présidentielle, la sensibilité patriote d’Henri Guaino a été définitivement enterrée au sein de LR. [...] Dès aujourd’hui, dans un souci de pluralisme politique, je souhaite apporter à Henri Guaino mon parrainage pour sa candidature.

Réponse d'Henri Guaino, qui accepte cet adoubement "patriote" de la candidate d'extrême droite tout en rappelant qu'il ne veut pas pactiser avec elle ou son parti :

Me faire traiter de patriote est quelque chose que je ne trouve pas déshonorant, voilà. Donc je m'affiche comme patriote, après chacun a sa façon d'être patriote. Moi je n'ai... enfin il n' y a aucune ambiguïté sur mon attitude toujours vis-à-vis du Front national, je ne veux pas d'alliance avec le Front national, je ne travaillerai pas avec le Front national. Maintenant, j'ai toujours dit aussi [que] le Front national est un parti autorisé par les lois de la République, qui joue donc le jeu institutionnel comme les autres partis.

À noter qu'Henri Guaino est depuis longtemps sur les tablettes du Front national et de sa grande "majorité patriote" rêvée, aux côtés d'autres personnalités souverainistes comme Nicolas Dupont-Aignan ou Philippe de Villiers. Ce dernier a d'ailleurs chanté les louanges de Marine Le Pen dernièrement, "n'excluant pas" de la soutenir dès avant le premier tour de la présidentielle. Henri Guaino n'en est pas là, même s'il s'est déjà, par le passé, dit prêt à "travailler" avec Marion Maréchal-Le Pen sur certains dossiers à l'Assemblée nationale.

Ce 14 mars, Louis Aliot, vice-président du FN et eurodéputé, avait déjà appelé les élus à parrainer Philippe Poutou et Henri Guaino. Ces candidats qui risquent aujourd'hui de ne pas pouvoir aller au bout "sont tout à fait représentatifs" et victimes des "pressions faites par le PS et Les Républicains sur les petits maires ruraux", avait estimé sur BFMTV celui qui est également le compagnon de Marine Le Pen.







[BONUS TRACK]

Dans cette même interview, Henri Guaino a par ailleurs accusé "l'appareil des Républicains" d'avoir fait passer des "consignes" aux élus locaux pour qu'ils ne le parrainent pas :

- Journaliste : Pourquoi vous n'avez pas plus [de parrainages] ?

- Henri Guaino : Eh bien voilà, demandez-vous pourquoi !

- Journaliste : Ben je vous le demande.

- Henri Guaino : Parce que j'étais plus dangereux que d'autres.

- Journaliste : Pour qui, pourquoi, y'a des pressions ?

- Henri Guaino : [...] On revient à notre conversation du début sur l'unité des camps et des partis, sur le fait que ça passe avant tout. Il y a un certain nombre de gens qui jouent sur l'argument selon lequel je ferais perdre les un ou deux points qui permettraient à monsieur Fillon d'être au second tour.

- Journaliste : Est-ce qu'il y a eu des consignes, à votre connaissance, pour que vous n'ayez pas vos parrainages ?

- Henri Guaino : Oui, bien sûr.

- Journaliste : De qui ?

- Henri Guaino : Bah de qui, de l'appareil des Républicains ! Interrogez les maires... mais je suis pas la seule victime de ce genre de pressions. De même que vous savez, les partis jouent aussi des petits jeux, on a trouvé peut-être intéressant de parrainer certains petits candidats pour qu'ils prennent à d'autres, pour qu'ils empêchent certains de se présenter.

Et de conclure :

C'est quand même triste, c'est même la honte, que madame Le Pen me parraine alors que mes propres amis politiques, ceux avec lesquels je suis censé me battre sur des valeurs qu'ils sont en train de jeter à la rivière, ne m'accordent pas les parrainages et empêchent par tous les moyens que je les obtienne.

Du rab sur le Lab

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