"Hollande chez Lucette" : l'envers du coup de com'

Publié à 12h26, le 01 novembre 2015 , Modifié à 19h45, le 01 novembre 2015

"Hollande chez Lucette" : l'envers du coup de com'
François Hollande et plusieurs ministres reçus chez Lucette Brochet, à Vandoeuvre, jeudi 29 octobre © FREDERICK FLORIN / AFP
Image Etienne Baldit


PAS DE PLACE AU HASARD - Jeudi 29 octobre, François Hollande était en déplacement en Lorraine, à quelques semaines des élections régionales. Défense de l'action et du bilan du gouvernement, quelques annonces... et un petit moment "chez l'habitant" à Vandoeuvre-Lès-Nancy, "chez Lucette" précisément, comme l'a écrit sur Twitter le chef de la communication élyséenne, Gaspard Gantzer :





Objectif proximité, pourrait-on résumer. Une visite presque impromptue, annoncée à la presse au dernier moment, mais qui n'avait, comme on pouvait s'y attendre, rien de spontané.

Une journaliste de BFMTV a interrogé Lucette Brochet, infirmière à la retraite qui a accueilli dans son salon le chef de l'État et quelques ministres pour un café sous l'oeil de nombreuses caméras. Du choix de sa personne pour recevoir François Hollande ("monsieur le maire [PS] de Vandoeuvre m'a téléphoné") aux préparatifs de cet instant com' (la mairie a fait le ménage chez elle, apporté des chaises, un service à café et un joli bouquet de fleurs), Lucette Brochet raconte les coulisses, dimanche 1er novembre.





Elle explique surtout qu'un "gars de l'Élysée" lui a fait comprendre que certains sujets ne devaient pas être abordés avec le chef de l'État :

- Lucette Brochet : Mardi, il y a des gens de l'Élysée qui sont venus pour me poser des questions, pour savoir si j'étais bien dans l'appartement, tout ça, pour savoir ce que je devais dire et tout, et ne pas dire. J'avais une idée, c'était de dire qu'il s'occupait beaucoup des immigrés, mais pas des clochards qui crèvent dans la rue. Mais ça, il fallait pas que je le dise.

- BFMTV : Qui vous a dit de ne pas le dire ?

- Lucette Brochet : Bah, le gars de l'Élysée.

Pas question de ruiner la belle image. Tout cela n'a rien de bien surprenant, mais l'envers du décor est saisissant. Également interrogée par L'Est Républicain, elle dit encore : "J’aurais aimé lui parler de toute cette misère que l’on voit autour de nous, des clochards sur les trottoirs, j’aurais voulu lui parler de mon inquiétude quand je vois ces milliers de réfugiés qui arrivent. Mais, bon, c’était délicat."

Alors forcément, l'hôte d'un jour reconnaît auprès de BFMTV qu'il s'agissait "peut-être" d'une mise en scène. Mais relativise :



Mais enfin, c'était génial. [...] Je suis tombée sous le charme de monsieur le président.

Lucette Brochet est encore plus dithyrambique dans les colonnes de L'Est Républicain : "C’est un homme simple, sympathique et chaleureux. Il est avenant, convivial, on discute facilement avec lui. [...] Il a voulu m’embrasser en partant. Tout était minuté, c’est dommage. Il a regardé sa montre une fois pendant notre discussion."

Pour 2017, chaque voix comptera...



[EDIT 19h40] Contacté par l'Express, le maire (PS) de Vandoeuvre-lès-Nancy, Stéphane Hablot, ne comprend pas bien où est le problème. S'il reconnaît une "préparation" plutôt qu'une "mise en scène", le maire préfère rigoler face à la polémique. Il dit :

Ça me fait marrer d'entendre dire qu'on aurait dit à Lucette de fermer sa gueule [au sujet des immigrés]. Parce que sur le fond et dans son raisonnement, je la rejoins!

Selon lui, c'est davantage pour éviter que la discussion "ne parte dans tous les sens" qu'il a donné ce "conseil" :

Le café chez Lucette était plus spécifiquement consacré au logement. Le président de la République devait rester chez elle un quart d'heure. Je lui ai donc conseillé de rester dans les clous au niveau du temps, de ne pas parler d'autre chose que du logement.

Pour mémoire, voici le reportage fait par BFMTV sur cette rencontre le jour-même :









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