Hollande rappelle que "sans son passage au gouvernement", Macron "ne serait pas là" aujourd'hui

Publié à 18h07, le 27 avril 2017 , Modifié à 18h18, le 27 avril 2017

Hollande rappelle que "sans son passage au gouvernement", Macron "ne serait pas là" aujourd'hui
François Hollande © AFP
Image Etienne Baldit


NEVER FORGET - Il espérait peut-être en faire son héritier, mais il en aura été réduit à le regarder tenter de lui succéder beaucoup plus tôt qu'il ne l'aurait souhaité. François Hollande, qui a "fait" Emmanuel Macron politiquement en le prenant comme conseiller puis en le nommant secrétaire général adjoint de l'Élysée et ministre de l'Économie, ne conteste pas à son ancien protégé la légitimité de se présenter à la présidentielle. Mais on sent bien qu'il aimerait que celui-ci n'oublie pas trop d'où il vient.

Le Président, qui a distillé moult critiques au sujet du "niveau" de la campagne électorale ces derniers temps, semble toujours regretter que son bilan n'ait été défendu par aucun candidat. Et notamment celui qui a été au cœur de sa politique économique. Dans un long article de Society, qui a suivi le chef de l'État dans cette dernière partie de campagne avant le premier tour, publié mardi 25 avril, François Hollande balance ainsi :

Il y avait beaucoup à dire sur ce que l'on a fait. Pour Macron, c'était difficile parce que la droite le caricature en Hollande bis. Mais finalement, cela ne l'a pas fait baisser dans les sondages. Et sans son passage au gouvernement, il ne serait pas là.

Depuis qu'il a prononcé cette phrase, Emmanuel Macron a accédé au second tour de la présidentielle, ce qui n'a pas dû le faire changer d'avis... Et cela n'est pas si éloigné d'un autre rappel présidentiel cinglant, adressé voilà pile un an, alors que l'attention médiatique était presque entièrement tournée vers un certain ministre venant de se mettre "en marche". "Il sait ce qu’il me doit", avait alors tancé le chef de l'État en direct sur France 2 - uniquement pour se faire renvoyer un *je ne suis pas son obligé* (en substance) une semaine plus tard, par presse interposée.

Aujourd'hui, François Hollande soutient officiellement Emmanuel Macron. Il a certes attendu pour le faire, afin de ne pas lui porter préjudice ou alimenter plus encore le procès en filiation fait au leader d'En Marche ! par ses opposants. Mais dès l'annonce de sa qualification face à Marine Le Pen, le Président a pris la parole pour appeler à voter Macron devant le "risque" de l'extrême droite.

Et puisqu'il lui donnait déjà quelques conseils par SMS avant l'élection, il a continué à le faire après. Mais publiquement cette fois, et pour lui recommander de se bouger un peu face au FN, après un début de second tour plus que flottant. Comme un père qui ne pourrait pas s'empêcher de dire quoi faire à son fils fraîchement émancipé.

[BONUS TRACK] Merci Berger

Dans la foulée de son raisonnement sur Emmanuel Macron et rapporté par Society, François Hollande évoque aussi Benoît Hamon qui, lui non plus, n'a pas franchement défendu le quinquennat. Et en arrive à la conclusion que le véritable dépositaire de son bilan est... Laurent Berger, le patron de la CFDT. Il dit :



Hamon aurait pu devenir un candidat crédible en s'appuyant sur ce bilan tout en disant : 'Là-dessus, je n'étais pas d'accord.' Finalement, le seul qui puisse le revendiquer aujourd'hui, c'est Laurent Berger.

Sympa pour Bernard Cazeneuve et Manuel Valls...

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