"Impossible juridiquement", "communautariste" : la droite rejette la proposition de Valls sur l’Islam de France

Publié à 12h14, le 02 août 2016 , Modifié à 10h02, le 03 août 2016

"Impossible juridiquement", "communautariste" : la droite rejette la proposition de Valls sur l’Islam de France
Hervé Mariton et Benoist Apparu. © Montage via captures d'écran Europe 1 et LCI
Image Amandine Réaux


Ce mardi 2 août dans Libération, Manuel Valls exhorte les musulmans à "se sentir concernés et prendre leurs responsabilités", dans le "combat contre l’islamisme radical". Selon le Premier ministre, une "partie de la solution" se trouve dans "l’organisation de l’islam de France". Il faut pour cela "interdire" temporairement les "financements étrangers pour construire les mosquées", mais parallèlement songer à autoriser le financement public, et ce sans "toucher à la loi de 1905". Cela permettrait, selon le chef du gouvernement, d’"assurer à travers la Fondation pour l’islam de France une transparence totale des dons et financements privés". L’exécutif souhaite également faire en sorte "que nos imams soient formés en France".

[Edit 03/08 : devant la presse présidentielle mardi soir, François Hollande a catégoriquement écarté la solution d'un "financement public" des lieux de culte. Le chef de l'État mise seulement sur la Fondation des œuvres de l’islam que le gouvernement a entrepris de ressusciter. Il a expliqué, selon Le Figaro : "Cette Fondation permet de mobiliser des financements privés. Il faut la conforter. Ce qui n'est pas possible, sauf à changer la loi de 1905, c'est que l'État puisse subventionner un culte." Le Président songe d'ailleurs à Jean-Pierre Chevènement pour prendre la tête de cette Fondation.]

Interrogé le matin même sur LCI sur ces mesures, Benoist Apparu a d’abord tenu à rappeler qu’Alain Juppé, qu’il soutient à la primaire, les avait "préconisées il y a huit mois dans son livre sur l’État fort" : formation des imams en France et transparence du financement des mosquées.

Le député LR de la Marne a ensuite expliqué qu’il était "impossible juridiquement" de mettre en place un financement public des mosquées "sans toucher à la loi" de la séparation de l’Église et de l’État :



Sans toucher à la loi de 1905 ? C’est impossible. Juridiquement, c’est pas possible. Vous pouvez pas financer des mosquées sans toucher à la loi de 1905.Moi je suis très partagé sur cette question-là. J’entends la nécessité qu’il peut y avoir de se dire que le financement public permettrait de régler un certain nombre de questions. En même temps, dans la situation financière dans laquelle est la France, financer des mosquées par la voie publique me paraît une mauvaise idée.


Selon Benoist Apparu, il faudrait plutôt chercher à établir "une hiérarchie, un clergé, une officialisation des relations entre l’État et l’islam de France" dans le but de "fermer des mosquées salafistes" et "expulser des imams dont les prêches sont contraires aux valeurs de la République".

Sur Europe 1, Hervé Mariton a eu des propos plus virulents : "Manuel Valls a capitulé ! Lorsqu’il appelle aujourd’hui à des financements publics, c’est extrêmement grave", a lancé le candidat à la primaire. Il poursuit :

C’est au fond la reconnaissance d’une situation communautariste et l’abandon d’une exigence très forte d’intégration à la Française.

D’accord pour "supprimer les financements étrangers", le député LR de la Drôme a cependant déploré qu’il n’y ait "pas le début d’une initiative sur ce terrain. Mais de là à autoriser cette "forme de financement public" prônée par Manuel Valls… Hervé Mariton oppose un "financement par les fidèles de manière traditionnelle et de manière plus neuve, par [une taxe sur] le halal et par le crowfunding, [...] plus conforme à ce qu’est la vision de notre pays". "Non au communautarisme tel que le propose aujourd’hui Manuel Valls, non à cet abandon qu’il professe aujourd’hui dans Libération", a-t-il martelé.

Du rab sur le Lab

PlusPlus