Insolite : ça va mieux entre Anne Hidalgo et Emmanuel Macron

Publié à 11h35, le 03 juin 2017 , Modifié à 11h39, le 03 juin 2017

Insolite : ça va mieux entre Anne Hidalgo et Emmanuel Macron
Anne Hidalgo et Emmanuel Macron, le 14 mai à l'Hôtel de ville de Paris © CHARLES PLATIAU / POOL / AFP
Image Etienne Baldit


♪ LES TEMPS CHANGENT ♫ - Il n'y a encore pas si longtemps, Anne Hidalgo était peut-être LA responsable politique la plus sévère avec Emmanuel Macron (à égalité avec Martine Aubry). Mais allez savoir pourquoi, cela s'est un peu calmé depuis quelques semaines. Aujourd'hui, non seulement la maire PS de Paris ne cogne plus tellement sur celui qui est devenu chef de l'État, mais les deux seraient presque en train de développer des rapports de cordialité. Comme quoi, tout arrive.

Cité par Le Figaro samedi 3 juin, un adjoint d'Anne Hidalgo à la mairie, Emmanuel Grégoire, assure ainsi que les relations de cette dernière avec le Président "se sont améliorées". Et celui qui est également premier secrétaire fédéral du PS à Paris ajoute :

Ce n'est pas encore le fol amour, mais on y travaille.

Il reste donc du chemin à parcourir mais, comme dirait François Hollande, ça va mieux.

On avait commencé à s'en rendre compte lors de la dernière apparition commune d'Anne Hidalgo et Emmanuel Macron, à savoir la traditionnelle cérémonie en l'honneur du nouveau chef de l'État à l’Hôtel de ville de Paris, le 14 mai. Ce jour-là, la maire de la capitale avait certes mis plusieurs coups de pression au Président - sur l'écologie, la décentralisation ou la mondialisation - mais elle était toutefois bien loin de se poser en opposante frontale à sa politique.

Il faut dire que, depuis cette légendaire fessée verbale de 4 minutes adressée à Emmanuel Macron en public voilà un peu moins d'un an, Anne Hidalgo n'a pu que constater la montée en puissance de l'ancien ministre de l'Économie. Et notamment les très bons résultats du candidat d'En Marche ! à la présidentielle dans la capitale. Elle n'avait pas non plus pu empêcher certains de ses adjoints de rejoindre la campagne du futur Président, tandis qu'elle soutenait pour sa part Benoît Hamon.

Or, des élections législatives se profilent, avec de nombreux candidats de premier plan investis par La République en marche sur des circonscriptions parisiennes. Mais ce n'est pas tout : Anne Hidalgo elle-même jouera sa réélection à l'Hôtel de ville en 2020 (sans doute affrontera-t-elle alors Benjamin Griveaux, porte-parole de LREM), sans oublier ses éventuelles ambitions pour la présidentielle 2022.

Et puis de gros dossiers les réunissent et nécessitent leur travail main dans la main : les candidatures de Paris pour les JO 2024 et l'exposition universelle de 2025, la lutte contre le réchauffement climatique... Pour Anne Hidalgo, peut-être vaut-il donc mieux ne pas brûler tous ses vaisseaux dès maintenant et ne plus se contenter de n'en avoir "rien à battre" de ce que fait Emmanuel Macron.

Pour mémoire tout de même, voici un extrait de ce qu'elle disait de lui le 13 juillet dernier :

Je suis quand même un peu étonnée, si vous voulez... Quelqu'un qui se présente comme 'antisystème', qui a été un énarque, qui vient d'une banque d'affaires, qui a été quand même conseiller du président de la République et qui a mis [en oeuvre] une bonne partie de la politique économique du pays - qui n'a pas produit les effets, qui était plutôt en soutien de l'austérité et de ce qui se passait à l'échelle européenne. Je suis un peu surprise qu'un personnage en plus sans trop de loyauté vis-à-vis de ceux qui l'ont aidé... [...]

Je suis un peu surprise qu'on continue à produire, dans notre système médiatico-politique - parce qu'il est totalement dans notre système médiatico-politique -, des espèces de personnages qui, parce qu'ils auraient une certaine énergie, une volonté de tuer le père, la mère et les frères et soeurs, que finalement on crédite cela. [...] Je suis un peu surprise qu'on continue à mettre en avant ce type de profils. Moi j'ai pas entendu le début du commencement d'une idée. Il est quand même le pur produit d'un système, un système très français, un système de reproduction d'élites. Il est totalement, pour ceux qui s'intéressent à Bourdieu, la caricature de ce que Bourdieu décrit comme étant une des faiblesses, un des maux de notre société, de notre pays, à savoir cette reproduction des élites qui un jour arrivent et qui nous expliquent qu'ils sont hors système.

Mais ça, c'était avant...

Du rab sur le Lab

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