Irresponsable, démagogue et cynique : la violente charge de Manuel Valls contre Laurent Wauquiez

Publié à 19h23, le 28 juin 2016 , Modifié à 19h41, le 28 juin 2016

 Irresponsable, démagogue et cynique : la violente charge de Manuel Valls contre Laurent Wauquiez
Image Aurélie Marcireau


Le débat a été de bonne tenue. Plus de trois heures au Sénat et à l’Assemblée consacrées aux conséquences du vote anglais en faveur de la sortie de l’Union européenne. Un débat qui a certes manqué de voix féminines mais plutôt de qualité comme l’a estimé Manuel Valls en conclusion. Enfin, presque. Car le Premier ministre s’est attaqué violemment à Laurent Wauquiez.

Le député LR, ex-ministre des Affaires européennes, s’était exprimé un peu plus tôt. Tout comme Bruno Le Maire, il a eu droit à cinq minutes contre dix pour François Fillon. Cinq minutes qui sont mal passées auprès de Manuel Valls. Il explique : 

Assez de démagogie ! Ecoutez ! Venir proposer, ici au Parlement, quand on a été ministre des Affaires européennes, quand on a été au gouvernement, quand on aspire à y être, nous dire que la proposition, c'est la suppression de la commission [européenne]… Mais il y en a assez de cette démagogie ! (…) Il y a un moment où ça suffit quand même de dire... Nous sommes responsables. Nous ne sommes pas les parlementaires d'un petit pays, nous sommes, vous êtes les parlementaires, je suis le chef du gouvernement d’un pays qui s'appelle la France, qui a contribué à la fondation de l’Europe donc il faut être une peu sérieux comme la plupart des orateurs l'ont été. Mais bon sang, quelques points de popularité ou la recherche des voix du FN n'invitent pas tout de même à ce type de comportement et à ce genre de proposition.  

Dans le viseur, c'est bien Laurent Wauquiez qui avait en effet expliqué : "Il faut supprimer la commission en tant qu'institution avec son pouvoir d'initiative législative. Le politique doit reprendre une parole qu'il a désertée depuis trop longtemps. A-t-on déjà vu une structure administrative non élue avoir un pouvoir d'initiative et dicter une législation à l'ensemble de ses membres y compris aux parlements nationaux ?"  

Manuel Valls a ensuite répondu aux orateurs. Avec une pique à l’attention de Bruno Le Maire. Il l’égratigne :  



Il y a une interrogation centrale partagée sur la façon dont l'Europe se construit. Je crois qu'on ne peut pas dire, c'est un  raccourci, que l'Europe s'est construite - si Bruno Le Maire m'entend au delà de cet hémicycle, c'est lui qui l'a dit - contre les peuples. C'est une contrevérité concernant les origines. 

A François Fillon, en revanche, il donne un satisfecit. Il estime en effet que "François Fillon avait raison de rappeler que dans le domaine de la défense, il faut encore renforcer les liens" avec l’Angleterre. Mais sa chute, ses derniers mots, sont pour Laurent Wauquiez. Une critique violente de l’ex-ministre soulignant "son inquiétude" après certaines prises de parole. Le Premier ministre explique tout d'abord que le débat sur la sortie de l'UE aura lieu pendant la campagne présidentielle. Que la position du FN est connue : "Le FN a dit clairement qu’il souhaitait que la France sorte de l’Union européenne.(...) Or, la conséquence d'une victoire de l'extrême droite dans ce pays, ça serait ça : la perte de nos valeurs, l'affaissement de la France, la sortie de l’Union européenne et notre sortie de l'histoire."

Et cela l'amène à... Laurent Wauquiez. Il met en garde :    

Je dis aussi bien à Nicolas Dupont-Aignan qu’à Laurent Wauquiez que leurs propos, leurs propositions, la musique qu’ils font entendre et notamment celle de Laurent Wauquiez, vont accompagner ce moment et qu'ils n’auront pas d'autres choix à un moment ou à l’autre que de dire : 'Nous sortirons de l'Union Européenne'. Parce que la démagogie et le cynisme conduisent à cela, à sortir de l'Union européenne.  

Il y aura un débat, un beau débat en France à l'occasion de l'élection présidentielle entre ceux qui sont dans le cynisme, qui sont les apprentis sorciers, qui veulent nous conduire à la déroute nationale, qui n'ont pas une vision qui est celle de la France forte en Europe et dans le monde, qui improvisent des propos parce qu'il y a des échéances internes, et il y aura ceux qui - debout - au delà des différences qui existent, ont une sacrée responsabilité et les propos de François Fillon allaient évidemment dans ce sens qui est de tenir debout face à la démagogie, au populisme.

Du rab sur le Lab

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