Jacques Bompard se réfère au mouvement d’Alain Soral Égalité et Réconciliation dans des questions adressées à Benoît Hamon

Publié à 22h38, le 08 avril 2014 , Modifié à 10h06, le 09 avril 2014

Jacques Bompard se réfère au mouvement d’Alain Soral Égalité et Réconciliation dans des questions adressées à Benoît Hamon
Jacques Bompard (MaxPPP)

PLAGIAT - Jacques Bompard est en colère. Lorsqu’il s’agit d’homosexualité, le député d’extrême droite, l’est souvent. Mardi 8 avril, il a déposé trois questions écrites à l’intention du nouveau ministre de l’Éducation, Benoît Hamon et dont le texte a été transmis au Lab par son bureau de l'Assemblée nationale.

En cause, la tenue, fin mars à Sciences Po Paris, de la "Queer Week", une "semaine de réflexion sur les genres et les sexualités" selon les organisateurs, "une opération de propagande menée par des groupes LGBTI en faveur de leur mode de vie et de l'idéologie de genre qui nie les différences entre les hommes et les femmes au mépris du bon sens et de la science", d’après Jacques Bompard.

  Question n° 15-00062

  Question n° 14-00216

On pourrait penser que cette colère n’appartient qu’au député. Sauf que, dans au moins deux de ses questions adressées à Benoît Hamon, Jacques Bompard reprend des pans entiers d’un article publié dimanche 6 avril sur le site de l’association Égalité et Réconciliation, mouvement cofondé par Alain Soral en 2007.

Faisant référence à des étudiants, le député dénonce ainsi un "rituel chamanique" organisé durant la "Queer Week". Il parle d’une "procession, censée promouvoir la tolérance aux sexualités alternatives, [qui] a conjuré la Manif pour tous en piétinant des drapeaux avant de les brûler". Mot pour mot ce qu’écrivent sur Égalité et Réconciliation trois élèves anonymes de Sciences Po.

Jacques Bompard ne précise pas dans ses questions d’où lui viennent ces détails. Cela ne l’empêche pas de citer à plusieurs reprises l’article d’Égalité et Réconciliation. Il parle notamment des conférences "post-porno", fait référence à la philosophe féministe américaine Judith Butler, et s’étonne qu’un "établissement qui a vocation à former l’élite de la France" accueille la "Queer Week". Les mêmes arguments que ceux utilisé dans l’article publié le 6 avril.

Exemple saisissant de cette inspiration lorsque Jacques Bompard détaille des photographies exposées durant la fameuse semaine :

Certaines de ces images prêtaient les paroles suivantes à l’une des fillettes photographiées : "Après le dessert, je fais mon coming-out" ou "Les gouines pissent plus loin que vous", ou encore "Je suis gouine et j’aime déjà la bière".

Cette description se retrouve à l’identique dans le papier publié sur Égalité et Réconciliation.

Jacques Bompard ne se limite pas à la citation et mène ses propres attaques contre la "Queer Week" et le mouvement LGBT. Dans l’une de ses questions, le député parle, sous couvert d’une citation de Freud, de "perversions". Il ajoute :

Toutes les pratiques sexuelles ne se valent pas.

Jacques Bompard, pour sa part, n’est pas à son premier coup d’éclat sur le sujet. En janvier 2013, en plein débat sur le mariage pour tous, le député avait déposé plusieurs amendements dont l’un d’eux proposait d’autoriser les unions incestueuses. Argument du parlementaire : "S'il poursuivait son raisonnement, le gouvernement devrait donc supprimer toute condition restrictive au mariage."

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