Jean-François Copé reçoit le soutien inattendu de Valérie Pécresse concernant la paternité de la loi anti-burqa

Publié à 12h14, le 14 octobre 2016 , Modifié à 12h27, le 14 octobre 2016

Jean-François Copé reçoit le soutien inattendu de Valérie Pécresse concernant la paternité de la loi anti-burqa
© Montage via AFP

Ce fut l'un des *moments* de ce premier débat de la primaire de la droite. Gérald Darmanin, coordonnateur de campagne de Nicolas Sarkozy, considère même ce vendredi 14 octobre que sans ce genre d'attaque, le débat "aurait été carrément chiant". L'ancien chef de l'État n'a pas été, il est vrai, très gentil avec Jean-François Copé mais ce dernier l'avait un peu cherché en remettant sur le tapis la loi sur la burqa et en assurant que c'est lui tout seul, avec ses petits bras de président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, qui a réussi à imposer cette mesure d'interdiction du voile intégral sur le territoire. "Je me souviens il y a quelques années quand je portais la loi sur la burqa que personne ne voulait, il avait fallu y aller vraiment très fort pour convaincre", a ainsi raconté le député-maire de Meaux.

Ce vendredi, Jean-François Copé reçoit le soutien inattendu de Valérie Pécresse. Celle qui fut en première ligne, mais dans le camp d'en face, lors de la guerre Fillon – Copé en 2012 défend en effet l'ancien patron de l'UMP, accusé jeudi d'avoir été un petit peu présomptueux lors du débat. Sur Twitter, elle écrit :

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Sur l'interdiction de la burqa, rendons à César ce qui lui appartient, c'est bien Jean-François Copé qui a été à l'origine de la loi.

 

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Ce faisant, Valérie Pécresse contredit donc Nicolas Sarkozy et François Fillon. Jeudi, l'ancien chef de l'État n'a pas franchement apprécié l'appropriation faite par Jean-François Copé de la loi sur la burqa. Afin de calmer les ardeurs du député, l'ex-Président a dit :

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La loi sur la burqa, pardon Jean-François, ce n’est pas toi qui nous l’as imposée. Et tu étais bien incapable d’imposer ni au Premier ministre ni au président de la République quoi que ce soit. Pas plus hier qu’aujourd’hui.

 

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Juste avant, François Fillon avait quant à lui contredit Jean-François Copé. Cela semblait normal. Ce qui l'était un peu moins, c'était la défense de l'ancien chef de l'État par son ex-collaborateur. "Je voudrais juste rendre justice à Nicolas Sarkozy en rappelant que c'est lui qui, devant le Congrès à Versailles, avait demandé que nous mettions en place une loi pour interdire la burqa", avait lancé l'ex-Premier ministre.

Mais qui dit vrai ? Eh bien plutôt Jean-François Copé. Nicolas Sarkozy a bien évoqué la question de la burqa lors du Congrès de Versailles, en juin 2009,  mais il n'est pas à l'initiative de la loi. "Ce n'est pas un signe religieux, c'est un signe d'asservissement. […] La burqa n'est pas la bienvenue sur le territoire de la République française. Ce n'est pas l'idée que la République se fait de la dignité de la femme", avait tancé le chef de l'État devant le Congrès. Pour autant, s'il se disait favorable à la création d'une commission d'enquête sur le port du voile intégral en France, le Président d'alors laissait toutefois au Parlement la responsabilité de se prononcer sur l'opportunité d'un texte de loi.

Quelque jours plus tard, Jean-François Copé, en juillet 2009, se disait quant à lui favorable à "une loi d'interdiction précédée d'une phase de six mois à un an de dialogue, d'explication et d'avertissement". En décembre de cette même année, il annonçait le dépôt, en janvier 2010, d'une loi sur ce sujet. Cela avait valu à Jean-François Copé de nombreuses critiques, notamment venant de son camp. Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, avait par exemple jugé cette initiative "prématurée".

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