Jean-Frédéric Poisson demande pardon à la communauté juive après ses propos sur les "lobbies sionistes"

Publié à 09h42, le 24 octobre 2016 , Modifié à 09h45, le 24 octobre 2016

Jean-Frédéric Poisson demande pardon à la communauté juive après ses propos sur les "lobbies sionistes"
Jean-Frédéric Poisson © Capture d'écran FranceInfo:
Image Sylvain Chazot


C'est, de son aveu, "bien plus que des excuses". Invité ce lundi 24 octobre de FranceInfo:, Jean-Frédéric Poisson est revenu sur ses propos pour le moins polémiques au sujet d' Hillary Clinton et de sa "soumission aux lobbies sionistes". Et après avoir dit regretter "infiniment" dans un communiqué diffusé vendredi dernier "que ces mots aient pu être interprétés comme de la haine à l'égard du peuple juif ou de l'Etat d'Israël" – signifiant ainsi qu'il les maintenait -  le candidat à la primaire de la droite est cette fois allé plus loin, demandant "pardon" à la communauté juive. Il a dit :



Je vois bien que les propos que j'ai prononcés ont provoqué de l'inquiétude et de la peur chez les personnes membres de la communauté juive en France.J'en suis désolé et je leur demande pardon pour ça. Ce n'était pas mon intention de blesser. Je n'ai pas de haine à l'égard de quiconque. Je les ai blessés et dans ma conception des relations entre les personnes, c'est normal quand on blesse quelqu'un, même quand ce n'est pas intentionnel, de faire cela [demander pardon].

Sur le fond, en revanche, Jean-Frédéric Poisson ne renie rien. Au contraire. Il maintient que les groupes de pression pro-Israël influencent Hillary Clinton et regrette que la candidate du Parti démocrate à l'élection présidentielle américaine n'ait pas une position équilibrée sur le sujet israélo-palestinien.

Cette évolution de Jean-Frédéric Poisson permettra-t-elle au président du Parti chrétien-démocrate d'éviter son exclusion de la primaire ? Nathalie Kosciusko-Morizet, autre candidate à la primaire, a décidé de saisir la Haute autorité après les déclarations  de son adversaire, dénonçant des "thèses complotistes" et  l'"antisémitisme" du président du PCD. La Haute autorité se prononcera mercredi 26 octobre. Pour Poisson, l'attitude de NKM relève du "théâtre" et est la conséquence pure et simple de son bon passage lors du premier débat de la primaire, organisé le 13 octobre. Il a ajouté :

Ils savent parfaitement qui je suis, on se connaît depuis longtemps, nous siégeons dans le même groupe. Nous avons combattu les mêmes ennemis. [...] Quand je me bats contre le terrorisme et l'islamisme radical, je me bats aussi contre l'antisémitisme parce que c'en est une des causes. Ils savent tout ça. Probablement, si j'avais moins bien réussi le débat de la semaine dernière sur le plateau de vos confrères de TF1, ces réactions auraient été moins énergiques.

C'est donc en gros parce qu'il inquiète que Jean-Frédéric Poisson est à ce point dans la tourmente politique depuis qu'il a parlé de la "soumission" d'Hillary Clinton aux "lobbies sionistes". Pas à cause de la teneur de ses mots. En tout cas de son point de vue. Quant à son passage dans le débat, Jean-Frédéric Poisson semblait effectivement ravi de sa performance. "Ça y est, je suis connu", avait-il déclaré après coup, cité par Le Canard Enchaîné.  

Lundi, FranceInfo: nous apprenait en sus que Frédéric Lefebvre, ex-prétendant à la primaire de la droite, a envoyé en fin de semaine dernière une lettre à Christian Jacob, président du groupe LR à l'Assemblée nationale, pour lui demander d'exclure Jean-Frédéric Poisson. "Nous nous appelons Les Républicains et nous ne pouvons tolérer de genre de dérapage, contrôlés ou non", a-t-il écrit. Cette demande sera examinée cette semaine. 





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