Jean-Guy Talamoni dénonce le revirement d'Emmanuel Macron sur la question corse

Publié à 06h56, le 02 janvier 2018 , Modifié à 09h25, le 02 janvier 2018

Jean-Guy Talamoni dénonce le revirement d'Emmanuel Macron sur la question corse
Emmanuel Macron et Jean-Guy Talamoni © Montage via AFP
Image Sylvain Chazot


Ce 2 janvier 2018 est un jour historique pour la Corse : c'est aujourd'hui que s'installe la nouvelle collectivité unique de l'île. Voilà pour le changement. Car au niveau de la direction, rien ne bouge : le président sortant de l'Assemblée de Corse, l'indépendantiste Jean-Guy Talamoni, se succédera à lui-même.

La question de l'autonomie corse est donc posée, bien en évidence sur le bureau d'Emmanuel Macron. Ce mardi après-midi, pendant que Jean-Guy Talamoni donnera son discours – en corse – à l'occasion de l'installation de l'Assemblée, le chef de l'État sera en entretien avec le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb et la secrétaire d'État Jacqueline Gourault, désormais également connue sous le surnom de "madame Corse". Ces trois-là pourront peut-être analyser le revirement d'Emmanuel Macron sur la question corse, pointé du doigt par Jean-Guy Talamoni dans Le Parisien mardi.

JJean-Guy Talamoni s'indigne lorsqu'on lui rappelle qu'Emmanuel Macron vient d'affirmer que les évolutions possibles concernant l'autonomie de la Corse se feront "dans le cadre de la Constitution".

Dans Le Parisien, il dit :

Le problème, c'est que le même homme a dit rigoureusement l'inverse lorsqu'il est venu en Corse, à Furiani, durant la campagne. Il avait alors dit qu'il était prêt à envisager de réviser la Constitution si nécessaire. Je crois qu'à l'heure actuelle, ni le président de la République ni aucun membre de son gouvernement ne sont vraiment au courant de la question corse…

Jean-Guy Talamoni dit vrai. Le 7 avril 2017, à Furiani, Emmanuel Macron avait bien ouvert la voie à un possible changement de Constitution pour prendre en considération la spécificité corse. Voici ce qu'il déclarait, selon le compte-rendu disponible sur le site d'En Marche ! :

Mais cette collectivité sera d’abord ce que les Corses choisiront d’en faire. Par la suite, est-ce qu’il faudra aller plus loin, modifier le cadre législatif et réglementaire, réviser la Constitution pour permettre de nouvelles adaptations ? Cette question, d’ailleurs, n’est pas spécifique à la Corse, elle concerne nombre d’autres territoires de la République. […] Et s’il apparaît que le cadre actuel ne permet pas à la Corse de développer ses potentialités, alors nous pourrons envisager d’aller plus loin et de réviser la Constitution. Je ne vais pas vous mentir, cela ne sera pas simple. Il faut la majorité qualifiée pour voter une telle réforme et elle n’est pas facilement acquise. Mais sans attendre que les institutions changent, nous pouvons agir. Nous pouvons construire des solutions sur-mesure pour chaque défi que rencontre la Corse, en travaillant dans la confiance, en avançant avec pragmatisme. Et il faut parfois libérer les énergies, d’autres fois protéger davantage. Et c’est ce projet, sans attendre ces éventuelles modifications, que je veux aussi avec vous porter, pour relever les défis.

Le 27 décembre, dans le quotidien espagnol El Mundo, Emmanuel Macron a admis qu'il pourrait y avoir des évolutions possibles en Corse mais uniquement dans le respect de la Constitution. "Ce cadre républicain ne permet pas de donner satisfaction à certaines revendications, comme le statut de résident ou la co-officialité de la langue corse", a affirmé le chef de l'État. 



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