Jean Lassalle dénonce les calculs politiques de François Bayrou pour la présidentielle 2017

Publié à 17h47, le 07 avril 2016 , Modifié à 17h52, le 07 avril 2016

Jean Lassalle dénonce les calculs politiques de François Bayrou pour la présidentielle 2017
Jean Lassalle et François Bayrou © FRED TANNEAU / AFP
Image Sylvain Chazot


PAU PAPERS - Il s'est mis en congé du MoDem mi-mars, la présidentielle de 2017 dans le viseur. Mais Jean Lasalle ne coupe pas pour autant les ponts avec son désormais ex-président François Bayrou. Il l'a même invité même à le rejoindre "quand il en aura fini" avec Alain Juppé, disait-il à Marianne. Preuve, s'il en fallait une, que le député des Pyrénées-Atlantiques n'avait aucune animosité envers le maire de Pau. Mais alors aucune.

Aujourd'hui, Jean Lassalle, qui se veut "LE candidat populaire", ne retient finalement plus trop ses coups. Ce jeudi dans Valeurs Actuelles, l'ex-MoDem balance sur François Bayrou, expliquant que les désaccords politiques entre eux deux étaient devenus beaucoup trop grands pour rester immergés.

Il y a surtout cette tactique de François Bayrou pour 2017 qu'explique Jean Lassalle :

Nous sommes tous deux à penser qu'Alain Juppé est un mort-vivant politiquement. Lui fait semblant d'y croire par stratégie pour, devant le grand malheur qui va se produire, c'est-à-dire l'élimination de Juppé, devoir sauver la France face au péril Sarkozy.

Cela ne lui convient pas du tout. "Moi, je n'y crois pas, mais je crois qu'il vaut mieux dire la vérité aux gens et dire d'emblée que Juppé n'a aucune chance", assène le député. De ce point de vue, on comprend que l'élu se soit mis en retrait du parti présidé par François Bayrou, ce dernier affichant ostensiblement sa préférence pour l'ancien Premier ministre.

Concernant les intentions prêtées à François Bayrou, ce dernier n'a jamais caché qu'il se présenterait à l'élection présidentielle de 2017 si jamais Nicolas Sarkozy remporte la primaire de la droite. "Je serais sincèrement ravi que Juppé soit élu", tempérait-il, également à Valeurs Actuelles en juillet 2015, avant de questionner un peu cruellement : "Le peut-il ?"

Le président du MoDem expliquait, en revanche, avoir toutes ses chances si jamais il décidait d'y aller. Il affirmait :

Hollande, Marine Le Pen ou Sarkozy : dans les trois cas, au second tour, c’est jouable. Je suis l’un des quatre qui peuvent gagner.

De son côté, Nicolas Sarkozy espère que François Bayrou sera candidat – si possible face à lui.

"Mais on a intérêt à ce que Bayrou soit candidat ! Regardez les chiffres : au deuxième tour, le tiers de ses électeurs votent pour moi… Et au premier ? Au premier tour, il prend à la gauche ! C'est simple, Bayrou c'est le Taubira de Hollande !", disait-il en novembre dernier, cité dans le livre des journalistes Laurent Bazin et Alba Ventura Le Bal des dézingueurs (éd. Flammarion). Preuve qu'il n'y a pas que Jean Lassalle qui voit François Bayrou se présenter en 2017.

[BONUS TRACK] "Même avec un revolver sur la tempe"

Jean Lassalle évoque d'autres désaccords politiques avec son ex-président. Il y avait eu les idées exprimées en 2012. "François [Bayrou] parlait de l'Europe comme si c'était un succès extraordinaire. De la dette, comme si c'était l'alpha et l'omega de la politique", commente le député à Valeurs Actuelles.

Il y avait surtout eu cette "trahison de première catégorie" lorsqu'il a appelé à voter François Hollande au second tour de la présidentielle 2012. Sur ce dernier sujet, Jean Lassalle ajoute :



Je n'en avais aucune envie, mais vraiment, même avec un revolver sur la tempe, je n'aurai pas pu y arriver.

Du rab sur le Lab

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