Jean-Louis Debré s'inquiète de voir un jour des députés venir à l'Assemblée en espadrilles et bermuda

Publié à 13h02, le 21 juillet 2017 , Modifié à 14h32, le 26 décembre 2017

Jean-Louis Debré s'inquiète de voir un jour des députés venir à l'Assemblée en espadrilles et bermuda
Jean-Louis Debré arrêtant un avachissement. © ERIC FEFERBERG / AFP

#Choqué - Quand on a été le quatrième personnage de l'État, on reste à jamais habité par la fonction et par ses principes. Aussi, quand Jean-Louis Debré, président de l'Assemblée nationale de 2002 à 2007, a appris que les députés pourraient venir au Palais Bourbon sans cravate ni veste, son sang n'a fait qu'un tour.

Lui, fils de Michel Debré, rédacteur de la Constitution de la Vème République, s'indigne ce vendredi 21 juillet sur franceinfo. Il déplore :

 

"

On voit, période après période, un avachissement. À quand les députés vont venir en espadrilles et bermuda ? On est parti, ce qui était trop formaliste, de la période de l'Empire avec un uniforme, on est arrivé à une tenue correcte parce qu'on est représentant de la Nation et pas à la foire à neuneu. Donc on a fait en sorte que chacun ait un costume et une cravate.

"

Cette histoire de cravates dans l'hémicycle, ce sont les députés de La France insoumise qui l'ont relancée. Fin juin, ils revendiquent le droit de ne pas mettre de cravates, comme il y eut, disent-ils, les sans-culotte.

Dans les faits, le règlement de l'Assemblée n'oblige pas aux élus de porter une cravate. C'est une coutume, un usage. Mais, sachez-le, même pour Jean-Louis Debré, "on peut enlever la cravate". Celui qui fut aussi président du Conseil constitutionnel continue :

 

"

Tout cela n'est pas très grave mais c'est un signe de détournement de la notion de représentant du peuple. Être représentant du peuple, ce n'est pas aller se promener n'importe où, et quand on va voter une loi, il y a un acte solennel. On est en train de tout banaliser. Ce n'est pas un drame mais pourquoi on ne distribuerait pas de chewing-gums à l'entrée de l'hémicycle ?

"

C'est vrai ça, et pourquoi pas une canette de Coca tant qu'on y est ?

Pour clore cette polémique, le Bureau de l'Assemblée a acté le droit pour les députés de faire tomber cravate et veste dans l’hémicycle, le 19 juillet dernier. François de Rugy, actuel président de la chambre basse, autorise donc les députés à venir dans une tenue moins protocolaire.

Ce même Rugy, qui s'était vu refuser ce droit en 2008 par Bernard Accoyer, précise tout de même que "le bureau fixera quelques garde-fous. Notamment sur les insignes religieux ou autres ou sur la question des uniformes militaires ou policiers qui n'ont pas leur place dans l'hémicycle." Mais rien n'est dit sur les espadrilles et les bermudas.

Tout est bien qui finit bien. Mais on imagine la tête de jean-Louis Debré lorsqu'il a vu débarquer à l'Assemblée le député de Polynésie, Moetai Brotherson, venu à l’ouverture de la législature en short, claquette et chemise fleurie.

Du rab sur le Lab

PlusPlus