Jean-Louis Debré va raconter comment Nicolas Sarkozy a tenté de le virer de la présidence du Conseil constitutionnel

Publié à 15h15, le 20 janvier 2016 , Modifié à 15h17, le 20 janvier 2016

Jean-Louis Debré va raconter comment Nicolas Sarkozy a tenté de le virer de la présidence du Conseil constitutionnel
Jean-Louis Debré © ALAIN JOCARD / AFP
Image Etienne Baldit


VIEUX DOSSIERS - Il avait prévenu : une fois parti de la présidence du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré allait "balancer", faudrait voir comment. Eh bien, c'est pour bientôt.

On savait que l'ancien ministre et proche ami de Jacques Chirac allait publier un livre, Ce que je ne pouvais pas dire, sous la forme d'un journal de bord, tenu depuis 2007 et sa prise de fonction à la tête de l'institution de la rue de Montpensier jusqu'à aujourd'hui. Et comme le rapporte L'Express mercredi 20 janvier, dans un portrait consacré à l'ex-président de l'Assemblée nationale, la chose serait une "petite bombe".

L'hebdomadaire détaille plus avant ce que Debré "balancera", dans ces pages, contre Nicolas Sarkozy tout particulièrement :



[Il] relatera les coups de fil comminatoires de que lui passait Nicolas Sarkozy lorsqu'il était à l'Élysée, par exemple au moment de l'examen de la rétention de sûreté ; ou le refus de lui serrer la main et de citer son nom aux voeux de 2010, quelques jours après l'annulation de la taxe carbone. Il dévoilera qu'un professeur de droit fut chargé dans la foulée par l'Élysée d'étudier les possibilités de changer le président du Conseil constitutionnel à l'occasion d'un renouvellement triennal, sans trouver la faille qui aurait permis d'y parvenir.

Ou comment, selon Jean-Louis Debré, Nicolas Sarkozy a tenté, en vain, d'écourter sa présidence en guise de représailles après une décision qui mettait sa politique en échec.

Hormis le fond, ces révélations à venir ne sont pas forcément une surprise sur la forme. Les deux hommes ne partiront pas en vacances ensemble, comme disait le poète (voir ici ou ). En avril dernier, sur Paris Première, Jean-Louis Debré "balançait" déjà pas mal sur le président de Les Républicains, expliquant notamment :



Sarkozy n'a pas aimé qu'on [le Conseil constitutionnel, ndlr] lui annule ses comptes de campagne. Il boude. Il boude, il boude. Du coup je le paye plus. Eh bah ça fait des économies !

Il prévenait également : "Quand j'aurai quitté [le Conseil], je balancerai bien plus fort !" Ce qui semble se confirmer.







[BONUS TRACK] "Monsieur Pipi"

On apprend également, au détour de ce portrait, que Jean-Louis Debré avait affublé François Fillon d'un surnom sympa-sympa. L'Express écrit :



'Monsieur Pipi', alias François Fillon, qu'il surnommait ainsi lorsqu'il présidait l'Assemblée et que le Sarthois filait aux toilettes dès qu'un texte difficile se présentait.

Durant le passage de Jean-Louis Debré au "perchoir", François Fillon a été deux fois ministre de Jacques Chirac (des Affaires sociales puis de l'Éducation nationale). 





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