Jean-Luc Mélenchon : "La primaire a de nombreux points communs avec le PMU"

Publié à 09h49, le 31 janvier 2016 , Modifié à 14h44, le 31 janvier 2016

Jean-Luc Mélenchon : "La primaire a de nombreux points communs avec le PMU"
Jean-Luc Mélenchon © AFP
Image Etienne Baldit


PETITS CHEVAUX - Jean-Luc Mélenchon n'est vraiment pas tenté par une très hypothéthique "primaire à gauche". L'ancien candidat à la présidentielle redit toute son aversion pour ce processus de sélection pré-présidentielle dans une interview au JDD, dimanche 31 janvier. Avec deux arguments : il ne peut entrer en compétition ni avec le président sortant ni avec une bonne partie de la gauche car leurs lignes politiques sont trop différentes, et le scrutin en lui-même favorise des personnes et non des programmes.

Il explique d'abord à l'hebdomadaire :



Participer à une primaire que François Hollande pourrait gagner ? Non. Pour une raison simple : je n'accepterai pas le résultat car je suis en désaccord total avec ce qu'il propose. De même, une primaire de 'toute la gauche' qui inclut des partisans des traités budgétaires européens ne peut pas me concerner.

"Par ailleurs, l'expérience montre que les exclus, les chômeurs, le peuple profond ne votent pas aux primaires", ajoute-t-il. Avant de comparer le tout aux paris hippiques :



La primaire a de nombreux points communs avec le PMU : on vote pour le mieux placé, davantage sur des personnes que sur des idées.  

D'autre part, cette primaire ferait selon lui le jeu de Nicolas Sarkozy et François Hollande qui "comptent qu'il n'y ait pas de vrai second tour [à la présidentielle] grâce à la peur de Le Pen" et "voudraient bien qu'il n'y ait pas de premier tour non plus grâce au 'vote utile' dans les primaires..."

Il ne faudra donc pas compter sur lui, qui est "fin prêt" pour la présidentielle. Message transmis aux frondeurs du PS qui ont fait de l'organisation d'une primaire leur objectif principal, abandonnant toute idée d'obtenir une "réorientation" de la politique du gouvernement d'ici à 2017. 

[BONUS TRACK]

Dans cette même interview, Jean-Luc Mélenchon se livre à une violente charge contre François Hollande. Il dit notamment :



Nous avons élu François Hollande pour nous débarrasser de la politique de Sarkozy. Un an avant la fin du quinquennat, sur tous les marqueurs de l'époque - et au premier rang le chômage - la situation est pire que sous Sarkozy. Quant aux dommages moraux, ils sont vertigineux. François Hollande est le nom de toutes nos misères et de toutes nos désillusions.

Il juge par ailleurs que "le départ de Christiane Taubira est une étape spectaculaire dans le processus d'isolement sectaire de François Hollande. Il divise tout et tout le monde : le mouvement social, la gauche, sa propre majorité, son gouvernement." Et ajoute :



Taubira est partie dégoûtée. Maintenant que tous les dégoûtés sont partis, il ne reste que les dégoûtants.

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