Jean-Luc Mélenchon pronostique déjà "un nouvel épisode dégagiste"

Publié à 16h28, le 06 août 2017 , Modifié à 16h28, le 06 août 2017

Jean-Luc Mélenchon pronostique déjà "un nouvel épisode dégagiste"
© Philippe HUGUEN / AFP
Image Amandine Réaux


Jean-Luc Mélenchon se prépare à partir en vacances – l’Assemblée est convoquée le 9 août pour une ultime séance de débats sur l'un des textes de moralisation politique. L’occasion pour le néodéputé de tirer le bilan de son premier mois au Palais Bourbon, dans un billet de blog publié dimanche 6 août. Et le chef du groupe La France insoumise (LFI) se montre très sévère à l’endroit de ses collègues de La République en marche (LREM) et particulièrement de la façon dont le Président voudrait obtenir une "discipline totale" d’un groupe si imposant et hétéroclite.

Cela conduira, prédit-il, à un "nouvel épisode dégagiste" :

Il faut donc se préparer à connaître des moments de grande instabilité institutionnelle et politique. [...] Il est bien probable que la nouvelle majorité a déjà mangée son pain blanc. Aura-t-elle les moyens psychologiques et politiques de surmonter ce qui va se produire ? La rédaction des ordonnances sur le code du travail et les autres avatars du type Pénicaud vont conforter un nouvel épisode 'dégagiste' dans la conscience populaire. Peu importe la forme et la force de la protestation, qu’elle soit purement personnelle et ressentie ou bien collective et visible.

Selon le double candidat à la présidentielle, "l’existence d’un méga groupe parlementaire composé de gens dont une bonne partie est déterminée à réfléchir pour son propre compte est le point faible du dispositif autoritaire que la présidence doit impérativement mettre en place".

Jean-Luc Mélenchon s’en prend à Emmanuel Macron qui, "en écrasant l’existence du Premier ministre et en se croyant capable d’obtenir au claquement de doigt une discipline totale de son groupe parlementaire, a multiplié les brèches dans son propre système et raccourci la distance qui le sépare des coups qui lui sont destinés". En référence à la chute brutale de popularité du chef de l’État, il assure que "la hollandisation de Macron est commencée".

Jean-Luc Mélenchon veut donc croire que tout n’est pas perdu, malgré son échec à la présidentielle et cette première vague de "dégagisme" qui a finalement profité à Emmanuel Macron. Il se projette :

Notre tour pourrait venir plus vite que prévu.

Le chef de LFI espère bien profiter de "la crise du régime" qui "éclatera", selon lui, "en entrant par la porte de service d’une crise aux maillons faibles du dispositif : une nouvelle affaire dans le gouvernement, une explosion politique à l’Assemblée nationale ou bien un épisode d’exaspération sociale".

Jean-Luc Mélenchon prendra la température lors de la marche à laquelle appelle son mouvement, le 23 septembre prochain. "D’abord parce que ce sera un indicateur de la capacité de la société à réagir. Ensuite parce que nous pourrons voir quel arc de forces politiques se constitue pour participer à cette réplique. Enfin parce que nous en saurons davantage sur notre capacité à être des déclencheurs dans une situation dans laquelle la plupart des paramètres échappent à tout contrôle", conclut-il.

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