Jean-Luc Mélenchon signe l'acte de décès du Front de gauche et éreinte le PCF

Publié à 18h41, le 03 juillet 2016 , Modifié à 18h41, le 03 juillet 2016

Jean-Luc Mélenchon signe l'acte de décès du Front de gauche et éreinte le PCF
Jean-Luc Mélenchon © AFP

TOUT EST FINI ENTRE NOUS- Cela fait un certain temps que les rapports entre Jean-Luc Mélenchon et le Parti communiste se sont sérieusement envenimés. En cause, la démarche du leader du Parti de gauche de présenter une candidature autonome à l'élection présidentielle de 2017, sans en référer à ses alliés communistes.

Dans une interview à Mediapart publiée ce dimanche 3 juillet, Jean-Luc Mélenchon acte la fin du Front de gauche, l'alliance qui liait le Parti communiste, le Parti de gauche et quelques groupuscules de la gauche de la gauche depuis les élections européennes de 2009, et dont il a porté les couleurs à l'élection présidentielle de 2012 :

 

Le cartel Front de gauche n’existe plus.

 

Le député européen fait reposer la responsabilité de la fin de cette alliance sur le PCF, qui aurait cherché à contrôler le Front de gauche à son profit :

 

La confiance aussi est morte. J’ai été maltraité d’une manière inacceptable. [...] La privatisation du Front de gauche a été inouïe. À chaque élection partielle, j’ai appris dans la presse qu’il y avait des candidats Front de gauche.

 

Voilà qui n'aiderait pas à une réunification des forces de la gauche de la gauche en vue de 2017 (voir en fin d'article).

En cause, l'utilisation à différentes élections du logo Front de gauche par des candidats représentant seulement le PCF. Dans un texte publié sur son blog mardi 28 juin, Jean-Luc Mélenchon avait déjà estimé que "le PCF a montré de toutes les façons et dans tous les cas possibles depuis des mois quel usage en solo il fait de ce qui était sigle commun".

Jean-Luc Mélenchon reproche également à ses ex-alliés de l'avoir attaqué verbalement et estime de son côté être irréprochable :

Cherchez un propos de ma part qui traite les dirigeants communistes comme je viens d’être traité ?

Le candidat de "la France insoumise" fait peut-être référence à des propos tenus par le porte-parole du PCF Olivier Dartigolles, notamment le 2 juin dernier, pendant le congrès du PCF. Olivier Dartigolles décrivait la candidature de Jean-Luc Mélenchon comme "la caricature de ce dont on ne veut plus concernant la présidentialisation de la Ve République".

Le député européen avait cependant été cordialement accueilli à ce congrès. Sur Twitter, Jean-Luc Mélenchon s'était félicité d'un "excellent accueil au congrès du PCF" et évoquait une "riche rencontre d'une heure avec Pierre Laurent".

De son côté, Jean-Luc Mélenchon n'a pas toujours été exempt de vives critiques vis-à-vis de ses alliés communistes. Le 7 mars dernier, il répondait avec férocité au PCF qui lui reprochait une démarche solitaire : "Qui est seul? [C'est] le quarteron d'apparatchiks qui me regarde depuis son balcon et me jette des pierres parce que c'est la seule activité à laquelle ils soient bons."

Le rafraîchissement des relations entre Jean-Luc Mélenchon et le Parti communiste date des élections municipales de 2014, quand les communistes avaient choisi de faire alliance avec le Parti socialiste de nombreuses villes, notamment à Paris. Aux élections régionales de décembre 2015, le Parti de gauche avait lui préféré s'allier à Europe Ecologie-Les Verts dans plusieurs régions.

Jean-Luc Mélenchon espère tout de même que les communistes finiront par rallier sa candidature. Lors de son meeting de Stalingrad, le 3 juin dernier, plusieures figures du PCF étaient présentes, comme l'ancien conseiller régional Francis Parny ou la députée Marie-Georges Buffet.

L'ex-candidate du PCF à l'élection présidentielle a depuis appelé ses camarades à soutenir Jean-Luc Mélenchon. Mais le secrétaire national Pierre Laurent se refuse pour l'heure à le faire et dit envisager de se rapprocher d'un autre candidat, par exemple Arnaud Montebourg.

 

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