Jean-Marie Le Guen ne donnera pas son parrainage à Benoît Hamon parce qu'il le trouve trop gauchiste

Publié à 08h17, le 28 février 2017 , Modifié à 12h24, le 28 février 2017

Jean-Marie Le Guen ne donnera pas son parrainage à Benoît Hamon parce qu'il le trouve trop gauchiste
Jean-Marie Le Guen © MARTIN BUREAU / AFP
Image Sylvain Chazot


Porte-flingue de l'aile droite du PS et proche de Manuel Valls, Jean-Marie Le Guen était un peu sorti des écrans radars depuis la défaite de l'ancien Premier ministre à la primaire de la Belle Alliance Populaire. Sans doute occupé à son portefeuille sur la francophonie, l'élu PS est finalement revenu commenter l'actualité ce mardi 28 février, sur RTL.

Que ses fans soient rassurés : Jean-Marie Le Guen n'a pas changé. Celui qui aura passé une bonne partie du quinquennat à critiquer les frondeurs estime que Benoît Hamon est "dans une impasse stratégique", notamment depuis qu'il a conclu un accord avec Yannick Jadot. Ce qui l'amène à ce constat :

Dans l'état actuel des choses, moi et des dizaines et des dizaines d'autres parlementaires, nous ne pouvons pas donner notre parrainage à Benoît Hamon.

"Je fais un appel un peu solennel à son attitude. Je pense qu'il faut qu'il rectifie l'orientation de sa campagne. Il ne peut pas s'adresser simplement à 20% des Français qui pour telle ou telle raison sont sensibles aux thèmes d'une gauche radicalisée", ajoute Jean-Marie Le Guen de bon matin, estimant que Benoît Hamon est le candidat d'un "parti de gouvernement" et que, par conséquent, il doit agir en tant que tel.

En gros, le secrétaire d'État à la Francophonie explique que le vainqueur de la primaire de la BAP face à son champion Manuel Valls est un doux rêveur qui n'a aucune chance d'être élu président de la République s'il reste sur cette ligne gauchiste. "Nous ne sommes pas un parti altermondialiste là pour mener la contestation sociale", tonne-t-il. Ce qui a le mérite d'être clair.

Et l'on peut raisonnablement penser que Jean-Marie Le Guen n'est pas le seul à penser ainsi du côté du PS. "Je lui ai fait savoir que quand on est socialiste, on rassemble son camp", a ainsi déclaré le député François Loncle, cité ce mardi par L'Opinion. "On doit avoir la lèpre", abonde le député du Val-d’Oise Philippe Doucet.







[BONUS TRACK] Miam miam

Si ce discours plaira sans doute à l'aile "réformiste" et sociale-démocrate du PS, il est aussi plaisant pour... les écologistes, ennemis préférés de Jean-Marie Le Guen. Leur candidat Yannick Jadot vient de conclure un accord avec Benoît Hamon, retirant sa candidature au profit de celle du socialiste et au nom d'une plateforme programmatique commune. Lors d'un conférence de presse ce mardi matin, le porte-parole du parti écolo, Julien Bayou, s'est réjoui de cette saillie du secrétaire d'Etat :

Cette sortie de Le Guen va rassurer plein de gens, c'est vrai que c'est un épouvantail pour beaucoup de monde. Quand il critique une 'gauche radicalisée', c'est du miel à nos oreilles. Venant de lui, c'est une petite médaille.

Et Julien Bayou de saluer la "clarification qui s'opère" du côté de Solférino depuis la victoire de Benoît Hamon à la primaire.

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