Jean-Marie Le Guen veut l'investiture d'En Marche ! (mais n'a pas fait sa demande sur internet)

Publié à 06h25, le 11 mai 2017 , Modifié à 07h04, le 11 mai 2017

Jean-Marie Le Guen veut l'investiture d'En Marche ! (mais n'a pas fait sa demande sur internet)
Jean-Marie Le Guen essayant d'attraper un passe-droit qui traîne © FRANCOIS GUILLOT / AFP
Image Etienne Baldit


LE CANDIDAT QUI NE CANDIDATAIT PAS - "La République des privilèges est derrière nous." C'est par ces quelques mots sévères que le lieutenant macroniste Christophe Castaner avait indiqué à Manuel Valls que, tout ancien Premier ministre qu'il est, il n'aurait aucun passe-droit. Et que s'il voulait vraiment l'investiture de La République en marche (LREM) pour les élections législatives, il lui faudrait faire comme tout le monde et remplir sa demande sur le site internet du parti d'Emmanuel Macron. Et l'ancien chef de gouvernement de s'exécuter, non sans quelques galères techniques.

Certains proches de Manuel Valls font la même démarche que leur leader. Malek Boutih, par exemple, a lui aussi fait sa demande sur le site de LREM. Mais pas Jean-Marie Le Guen. Le député PS de Paris, secrétaire d'État jusqu'au bout du quinquennat Hollande, souhaite certes également faire partie de l'éventuelle "majorité présidentielle" à venir... mais sans se plier à la procédure exigée de tous les prétendants.

Sur BFMTV mercredi 10 mai au soir, il répète ainsi qu'il "souhaite s’inscrire dans la majorité présidentielle". Mais il ajoute, au sujet de cette demande sur internet :

Non, je ne l’ai pas faite mais j’ai fait parvenir un certain nombre d’informations à Emmanuel Macron et à son équipe et j’attends très simplement ce qui va se passer.

On ne voudrait présager de rien, mais il semblerait que Jean-Marie Le Guen s'expose ici à une réponse négative de La République en marche. "Pour que sa candidature soit analysée, il faut qu'elle soit déposée sur le site internet. La démarche est identique pour tous", disait ainsi Jean-Paul Delevoye, président de la commission d'investiture du parti macroniste, au sujet de Manuel Valls. On ne voit donc pas pourquoi le secrétaire d'État au Développement et à la Francophonie y couperait. Quoi qu'il en soit, réponse ce jeudi avec l'annonce de l'identité de la grande majorité des candidats estampillés Macron pour les législatives.

Et Jean-Marie Le Guen ne compte pas non plus quitter le PS pour cause de passage chez Macron. Le Premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, a pourtant prévenu : tout responsable socialiste qui concourrait sous les couleurs de LREM serait mécaniquement mis à l'écart de Solférino. Et tous ceux qui auront appelé à voter pour Macron avant le premier tour de la présidentielle (et non pour Benoît Hamon) passeront devant la commission des conflits. Tout cela ressemble furieusement au profil du secrétaire d'État au Développement. Mais celui-ci se fait bravache sur BFMTV : 



- Jean-Marie Le Guen : Je ne quitterai pas le Parti socialiste. En tous cas, on va voir ce qu’il va se passer dans les mois qui viennent, parce qu’on ne sait pas très bien où tout cela va. Mais je suis socialiste depuis plus de quarante ans je n’ai pas l’intention comme ça de renoncer à ce qui a été mon engagement.

- Journaliste : Pardonnez-moi mais vous serez mécaniquement exclu, c'est a priori comme ça que la procédure va se jouer.

- Jean-Marie Le Guen : Non non non non non. Sur les exclusions, non ; sur le fait qu'on ne soit pas candidat au nom du Parti socialiste, peut-être plus. Moi j'étais hier à al réunion du bureau politique national, je leur ai dit : 'Écoutez, quand on a eu la défaite politique et la défaite morale qui ets celle de notre collectif, il faut un peu d'humilité, voilà. Donc je pense que tout ça, voir des petits ayatollahs, 'fin des frondeurs qui se transforment en ayatollahs, tout ça est assez pitoyable. Donc beaucoup de prudence.


Ah, le célèbre *franc-parler* de Jean-Marie Le Guen...





À LIRE SUR LE LAB :

Manuel Valls tentant de valider sa candidature En Marche ! : "Je clique, je clique, mais ça ne marche pas"

Jean-Paul Delevoye assure que Manuel Valls ne remplit pas "les critères d’une investiture" En Marche !

Du rab sur le Lab

PlusPlus