Jean-Paul Huchon estime que la direction du PS l'a "assassiné au coin d'un bois en moins de 48 heures"

Publié à 12h18, le 11 mai 2015 , Modifié à 19h36, le 11 mai 2015

Jean-Paul Huchon estime que la direction du PS l'a "assassiné au coin d'un bois en moins de 48 heures"
Jean-Paul "Hard as a rock" Huchon © AFP PHOTO MEHDI FEDOUACH

FAITES ENTRER L'ACCUSÉ – Imaginez Christophe Hondelatte remontant le col de son blouson en cuir et éteignant les lumières d'un hangar où trônent plusieurs photos d'un fan de Neil Young, assassiné à l'orée d'un bois alors qu'il s'apprêtait à se présenter à l'élection régionale en Île-de-France pour la quatrième fois. Cela aurait pu arriver. C'est en tout cas l'avis de Jean-Paul Huchon, un tantinet lâché par son camp au profit de Claude Bartolone.

Longtemps, l'actuel président de région s'est écharpé avec sa vice-présidente Marie-Pierre de La Gontrie pour savoir lequel des deux mènerait la liste socialiste lors des prochaines régionales. Et puis Barto est arrivé, sans se presser, le grand Barto, le beau Barto, avec son cheval et son chapeau, et a annoncé avec fracas que, tout bien réfléchi, il se présentera aux régionales en Île-de-France.

Pour autant, Jean-Paul Huchon est décidé à vendre chèrement sa peau. Alors il se lâche, comme ce lundi 11 mai dans les colonnes du Monde, prévenant qu'il n'a pas renoncé à se présenter et que, après tout, "il y a beaucoup de bons films dans lesquels le loser magnifique finit par gagner".

Surtout, le président d'Île-de-France attaque frontalement ses amis socialistes, et plus particulièrement Jean-Christophe Cambadélis, accusé d'avoir tout fait pour l'évincer au profit de son vieux complice Claude Bartolone. Jean-Paul Huchon dit :

S’ils voulaient me débrancher, ils n’avaient qu’à m’en parler il y a un an et demi. À l’époque, je n’étais pas sûr de vouloir être de nouveau candidat. Ils ne l’ont pas fait. Ils ont préféré m’assassiner au coin d’un bois en moins de 48 heures.

Mais l'assassiné bouge toujours. Ce qui est un peu contradictoire.

Jean-Paul Huchon ne veut pas partir sans combattre. Alors il attaque Claude Bartolone, expliquant comme le Front de gauche qu'une alliance avec les communistes aurait été bien plus facile avec lui. "Je n’ai jamais géré la région de manière sectaire, explique-t-il. […] J’aurais eu tout autant que M. Bartolone un accord avec une partie des écologistes, et avec les communistes sans doute plus facilement que lui." Toujours dans Le Monde, il ajoute :

M. Bartolone va faire une campagne socialiste classique. Il est élu de la Seine-Saint-Denis, un département qui ne fait pas vraiment rêver.

On notera le clin d’œil plutôt sympa au 9-3, département d'Île-de-France. 

Et le président d'Île-de-France de s'étonner – comme Valérie Pécresse et quelques autres – que Claude Bartolone reste au Perchoir pendant la campagne, ce qui d'un point de vue organisationnel peut sembler compliqué. Mais Claude Bartolone aura sans doute l'occasion de lui expliquer tout ça lors de leur entrevue, prévue ce lundi 11 mai. 

[EDIT 19h21] Il a beau avoir été "assassiné", Jean-Paul Huchon a finalement annoncé son ralliement à la candidature de Claude Bartolone. Dans un communiqué commun relayé par l'AFP, il donne son accord à un "rassemblement des socialistes derrière Bartolone". Le communiqué est le suivant :

 

Les conditions du rassemblement des socialistes derrière Claude Bartolone sont aujourd'hui réunies. Tous deux, candidat des socialistes et président de région, travaillerons ensemble à un rassemblement plus large encore, permettant la victoire de la gauche en décembre prochain.

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