Jean-Pierre Raffarin estime que Laurent Wauquiez "ne peut pas être le leader" de LR parce qu’il a "prôné le vote blanc"

Publié à 20h32, le 27 avril 2017 , Modifié à 20h32, le 27 avril 2017

Jean-Pierre Raffarin estime que Laurent Wauquiez "ne peut pas être le leader" de LR parce qu’il a "prôné le vote blanc"
Jean-Pierre Raffarin. © Montage Le Lab via BFMTV
Image Amandine Réaux


La droite n’aura pas attendu très longtemps pour se fracturer après la défaite de son champion François Fillon dès le premier tour de l’élection présidentielle, dimanche 23 avril. À peine quelques heures après les résultats, plusieurs ténors Les Républicains comme Éric Woerth rejetaient déjà la faute sur leur candidat. Le gouffre a continué de se creuser lundi avec l’adoption sans vote d’une consigne de vote pour le moins floue qui a contenté tout le monde et personne à la fois. En campant sur le ni-ni, Laurent Wauquiez et Éric Ciotti notamment se sont faits plus sarkozystes que Nicolas Sarkozy (qui a lui-même appelé à voter Emmanuel Macron), s’attirant les foudres de Christian Estrosi, qui lui demandait un choix clair.

Jean-Pierre Raffarin ne décolère pas contre ceux qui ont refusé d’appeler à voter pour le candidat d’En Marche !. Sans pour autant exiger l’exclusion des pro-ni-ni, l’ancien Premier ministre a des mots très durs à l’endroit de ces "gens ambigus" qui ne méritent pas de diriger LR, selon lui. Invité de BFMTV ce jeudi 27 avril, le sénateur de la Vienne déclare :



- Jean-Pierre Raffarin : Moi, je suis pas pour les exclusions, mais je pense qu’il est inacceptable que notre parti soit dirigé par des gens ambigus.

- Ruth Elkrief : Par exemple, vous êtes contre le fait que Laurent Wauquiez soit le Président, parce que lui a prôné le ni-ni ?

- Jean-Pierre Raffarin : Moi, je suis tout à fait contre que quelqu’un qui ait prôné par exemple le vote blanc sur un sujet aussi stratégique que cette élection présidentielle, quelqu’un qui a proposé, alors qu’il pourrait être candidat à un avenir politique, le vote blanc, pour moi, il ne peut pas être notre leader. De deux choses l’une : ou on trouvera une autre solution, ou on ne sera pas dans le même parti. Mais il est clair qu’il y aura, à un moment ou à un autre, des décisions qui sont à prendre, mais nous les prendrons après les législatives.


Comme la sénatrice juppéiste Fabienne Keller, "Raff" semble convaincu que deux lignes difficilement réconciliables s’opposent chez Les Républicains. Ce clivage, laisse-t-il entendre, ne peut se solder que de deux façons : virer Laurent Wauquiez de la présidence par intérim du parti ou procéder à une recomposition politique de la droite qui impliquerait l’explosion de LR.

Très bonne ambiance pour commencer la campagne des législatives, donc.





[BONUS TRACK]

Jean-Pierre Raffarin ne se contente pas de sermonner les cadres de son parti qui n’appelleraient pas clairement à voter Emmanuel Macron. L’ex-chef du gouvernement s’en prend aussi à Jean-Luc Mélenchon, qui n’a pas donné de consigne claire de vote pour le second tour Macron/Le Pen. Selon lui, cette position alimente l’"extrémisme de droite", qui s’"enten[d] un peu" avec l’"extrémisme de gauche" incarné par le leader de La France insoumise :

Avant, on avait une menace Le Pen. Maintenant, on a deux extrémismes qui s’entendent un peu, parce qu[‘avec] le ni-ni, ils se confortent l’un l’autre : extrémisme de droite, extrémisme de gauche. Et donc c’est deux menaces.

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